
On a le choix
Vanessa Egnina
Chroniqueuse
Forte d’une expérience professionnelle en services financiers, en gestion et en vente, Vanessa aide les familles, les immigrants et les entreprises à prendre des décisions éclairées en matière de protection, d’épargne, d’investissement et de planification financière à long terme.
Le REER, qu’est-ce que c’est au juste ?
Le REER est un compte enregistré auprès du gouvernement fédéral qui permet d’épargner en vue de la retraite, tout en profitant d’avantages fiscaux immédiats.
Concrètement, chaque dollar cotisé au REER vient réduire le revenu imposable de l’année. L’impôt n’est pas éliminé pour autant : il est simplement reporté au moment où l’argent sera retiré, généralement à la retraite, alors que le revenu — et souvent le taux d’imposition — est plus bas.
À l’intérieur du REER, les sommes investies (actions, fonds communs, CPG, obligations, etc.) croissent à l’abri de l’impôt tant qu’elles restent dans le compte. C’est cette croissance composée, année après année, qui fait toute la force du régime.
Qui a droit au REER ?
Le REER n’est pas réservé à une élite financière. Il suffit de remplir quelques conditions simples :
- avoir déclaré des revenus gagnés au Canada (salaire, revenus d’entreprise, certains revenus de location)
- avoir des droits de cotisation inscrits à son dossier (généralement 18 % du revenu gagné de l’année précédente, jusqu’à un plafond annuel)
- être âgé de 71 ans ou moins au 31 décembre de l’année en cours
Les droits de cotisation inutilisés s’accumulent d’année en année et se reportent indéfiniment. Une personne qui n’a jamais cotisé peut donc se retrouver avec une marge de manœuvre importante, accumulée sans même s’en rendre compte.
En quoi le REER est-il avantageux ?
Les bénéfices du REER se déclinent sur plusieurs plans :
- une déduction fiscale immédiate qui peut se traduire par un remboursement d’impôt substantiel
- une croissance des placements à l’abri de l’impôt pendant toutes les années de détention
- la possibilité d’utiliser le Régime d’accession à la propriété (RAP) pour un premier achat immobilier
- la possibilité d’utiliser le Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) pour financer un retour aux études
- un outil de fractionnement du revenu à la retraite, via le REER de conjoint
Pris ensemble, ces avantages font du REER l’un des outils les plus polyvalents de la planification financière — capable de servir à la fois la retraite, un projet immobilier et même un retour aux études.
Qui ne devrait pas nécessairement privilégier le REER ?
Malgré ses qualités, le REER n’est pas la solution idéale pour tout le monde. Il devrait généralement être utilisé avec prudence, ou même évité, dans certains cas :
- les personnes à revenu faible ou modeste, pour qui la déduction fiscale a peu d’impact et qui risquent de perdre certaines prestations sociales au moment du retrait
- celles qui prévoient avoir un revenu de retraite plus élevé que leur revenu actuel (le report d’impôt devient alors désavantageux)
- les personnes qui privilégient la flexibilité et l’accès sans pénalité fiscale à leur épargne — le CELI convient souvent mieux dans ce cas
- celles qui n’ont pas encore de coussin d’urgence, puisque tout retrait du REER (hors RAP et REEP) est immédiatement imposable
Dans plusieurs de ces situations, le CELI (compte d’épargne libre d’impôt) peut représenter une alternative — ou un complément — plus adapté. Le bon choix dépend toujours de la situation fiscale et des objectifs de chacun.
Quelques rappels essentiels
- La date limite de cotisation pour l’année d’imposition est généralement le 60e jour de l’année suivante.
- Les cotisations excédentaires (au-delà d’une marge de 2 000 $) entraînent une pénalité mensuelle de 1 %.
- Le REER doit être converti — le plus souvent en FERR — au plus tard l’année des 71 ans.
- Les fonds retirés dans le cadre du RAP ou du REEP doivent être remboursés selon un échéancier précis, sans quoi ils deviennent imposables.
- Il n’est jamais trop tard — ni trop tôt — pour vérifier ses droits de cotisation auprès de l’Agence du revenu du Canada.
Le REER n’est pas une formule magique, et il ne convient pas à toutes les situations. Mais bien utilisé, au bon moment et dans le bon contexte, il demeure l’un des outils les plus puissants pour transformer une épargne modeste en une retraite plus sereine.
Au fond, cotiser à un REER, c’est un peu se faire un cadeau qu’on ne s’offre pas tout de suite — mais dont on sera reconnaissant, des années plus tard.
