
On a le choix
Delphine Petitjean
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Collection citoyenne
Le Centre des mémoires montréalaises, MEM, fait appel à la contribution de la population pour mettre en valeur les histoires des habitant.e.s. Il rassemble les témoignages des diverses communautés qui composent la ville. Une place importante est accordée aux parcours migratoires, dont celui des expatriées italiennes de l’après-guerre. Ces femmes ont joué un rôle majeur dans le développement social, culturel et économique de leur communauté.
Du milieu du 19e siècle aux années 1920, Montréal connait un grand essor industriel et devient un centre névralgique de la confection au Canada. Plus de 500 usines de vêtements y sont créées et progressivement, de nombreuses immigrées italiennes y sont embauchées. L’exposition Le Cucitrici, proposée par l’Alliance Donne, un organisme à but non lucratif qui représente des femmes d’origine italienne, parle de ces vies de responsabilités, solidarité, émancipation, débrouillardise et héritage.
À la dure pour un mieux
Dans les usines, ces couturières sont soumises à une gestion agressive. Entre le stress de produire suffisamment de pièces pour gagner décemment sa vie et le harcèlement sexuel, l’ambiance est lourde. La poussière omniprésente et les écarts de températures du lieu (surchauffé l’été, glacial l’hiver) rendent aussi les conditions de travail pénibles. Certaines travailleuses deviennent même sourdes à cause du bruit excessif.
Mais ces femmes gardent la tête haute, elles assurent les besoins matériels de leur famille, accèdent à la propriété ou lancent leur propre affaire.
Solidaires et bâtisseuses
Une Italienne embauchée à l’usine en réfère souvent une autre. Par solidarité, les employées ralentissent parfois le rythme pour s’assurer que leurs collègues touchent une paie.
C’est dans les années 30 que les syndicats obtiennent les premières augmentations salariales. Les femmes de la communauté italienne fournissent les premiers services sociaux. Elles s’entraident pour trouver des appartements. Un soutien indispensable alors que le régime de retraire, les programmes d’aide sociale et d’assurance maladie gouvernementaux ne sont établis que dans les années 60.
L’exposition Le Cucitrici est visible jusqu’au 6 juin 2027.
