Jeunes francophones et francophiles autour d’un café pour s’exprimer

Photo dans un miroir réunion des jeunes
ON A LE CHOIX – Avec un âge moyen supérieur à la moyenne provinciale, Cornwall est souvent qualifiée de « ville-dortoir ». Pourtant, cet été, la jeunesse était bien en éveil grâce aux différentes activités communautaire organisées. Parmi celles-ci, la deuxième édition d’Espresso-toi en français. Un espace qui célèbre la diversité et qui transforme les enjeux linguistiques en rencontres stimulantes et amusantes.

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Delphine Petitjean - Rédactrice en chef

On a le choix

Delphine Petitjean
IJL - On a le choix

Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.

Mobilisation

Les animatrices et animateurs ont le même âge, ou presque, que leurs invités, et elles et ils ne manquent pas d’idées. Au programme des Espresso-toi de cette année : création de mini bouquets de fleurs, décoration de cupcakes, bar à pâtes, jeux mystères, concours de barista, pizzas.

Les étudiants du secondaire présents se sont rassemblés autour d’un objectif commun : s’amuser.

Les employés d’été de l’Association canadienne française de l’Ontario Stormont Dundas et Glengarry (ACFO SDG) ont utilisé Facebook et Instagram pour les attirer à l’activité. Mais c’est aussi le bon vieux bouche- à- oreille qui a fait son œuvre.

Cassandra McElhone - Directrice du développement communautaire pour l’ACFO SDG
Photo : Raphaël Machiels - On a le choix

Insécurité linguistique et curiosité

« Nous avons plus de participants cette année et il y en a beaucoup qui viennent des écoles d’immersion. Nous, ce qu’on veut, c’est vraiment offrir une opportunité de pouvoir vivre une activité en français. », explique Cassandra McElhone, directrice du développement communautaire pour l’ACFO.

Ce n’est pas tout le monde qui a des opportunités en dehors de l’école. On veut vraiment créer un endroit de sécurité linguistique. […] Il y a plusieurs jeunes qui vont penser que leur français n’est pas assez bon. Le but est de pouvoir vivre tout de même l’activité, sans que le français soit parfait. On est là pour apprendre, tout le monde ensemble, et pour les aider.

Zaïd Farooq a 18 ans et il est anglophone. « Je me suis joint à l’ACFO pour la collaboration et l’esprit d’équipe. J’essaie de parler français. J’ai commandé mon café glacé en français. » Impliqué dans la communauté, le jeune homme veut surtout créer des liens et montrer son appréciation de la culture francophone.

Poids démographique

Zaïd Farooq - Participant
Photo : Raphaël Machiels - On a le choix

Poids démographique

Depuis la désignation de Cornwall comme Communauté francophone accueillante (CFA), le poids démographique des francophones s’alourdit. Selon les données fournies par le Réseau de soutien en immigration francophone de l’Est de l’Ontario (RSIFEO), en 2025, le Canada a accueilli 29 630 nouveaux arrivants francophones à l’extérieur du Québec, dont 19 390 (65 %) se sont établis en Ontario.

  • Ottawa demeure la principale destination des immigrants francophones, suivie de Toronto, Sudbury, Hawkesbury, London et Cornwall.
  • Les jeunes représentent une proportion importante des nouveaux arrivants : près de 52 % ont moins de 30 ans.
  • Les principaux pays d’origine sont le Cameroun, la France, le Maroc, l’Algérie, la Côte d’Ivoire, Haïti et la République démocratique du Congo.
  • La majorité des admissions relèvent de la catégorie économique.

Les données actuelles de l’IRCC portent uniquement sur la première destination déclarée.

On parle-tu français ?

Une langue est d’abord vivante. C’est pourquoi la perfection compte moins que l’intention et que tous les accents sont beaux.

Une recherche québécoise menée auprès d’élèves anglophones du secondaire révèle que 63 % d’entre eux considèrent que l’apprentissage du français, langue seconde, est déconnecté de la culture francophone contemporaine (Amireault, Paquette et al., 2021).

« La culture francophone en dehors de la classe de français est différente. Par exemple, les francophones utilisent l’argot français pour communiquer. Puis, dans la classe, on utilise le français plus “propre”. » — Réponse d’un.e élève au questionnaire de recherche.

Dans une perspective plus large, le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR), largement utilisé pour l’enseignement des langues à travers le pays, rappelle que la finalité première d’une langue est de permettre la communication avec autrui (Conseil de l’Europe, 2021). En effet, les interactions avec d’autres personnes permettent également à la langue de jouer un rôle dans la création et le maintien de liens sociaux (Piccardo & North, 2019). Dans cette optique, le CECR reconnaît la pertinence d’intégrer des éléments du français informel à différents niveaux d’apprentissage, afin de mieux préparer les élèves à la langue qu’ils seront amenés à rencontrer et à utiliser dans des situations de communication authentiques.

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