
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Curiosité et engagement
Bill et Karen Carrière, membres de Transition Cornwall + ont invité les familles de la communauté à les rejoindre dans leur propriété de Newington pour découvrir les meilleurs légumes pour les petits jardins, comment faire pousser des arbres fruitiers dans des espaces restreints ou encore, les super légumes d’automne.
« On a 3 hectares de propriété où on cultive des légumes et des fruits. Nous avons déjà organisé plusieurs évènements, nous sommes membres du groupe nourriture. […] Au fil des années, on a invité les gens à voir ce que nous cultivions et comment nous le faisions. », explique Bill qui a noté que les visiteurs se montraient plus engagés cette année. « Un couple dans la cinquantaine en particulier m’a dit très franchement : « On n’a jamais rien fait pousser avant, mais nous voulons commencer. » Ils avaient beaucoup de questions. »
« On a 3 hectares de propriété où on cultive des légumes et des fruits. Nous avons déjà organisé plusieurs évènements, nous sommes membres du groupe nourriture. […] Au fil des années, on a invité les gens à voir ce que nous cultivions et comment nous le faisions. », explique Bill qui a noté que les visiteurs se montraient plus engagés cette année. « Un couple dans la cinquantaine en particulier m’a dit très franchement : « On n’a jamais rien fait pousser avant, mais nous voulons commencer. » Ils avaient beaucoup de questions. »
Un potager à planter, pas une montagne à gravir
« Beaucoup de gens, surtout ceux qui n’ont jamais jardiné ou qui n’ont pas grandi dans une famille qui cultivait ses propres légumes, se mettent en tête que c’est extrêmement difficile. Ils ont peur de ne pas y arriver. Ce qu’on essaie de leur expliquer, c’est que même si certains légumes sont un peu plus exigeants, aucun n’est impossible à cultiver ; sinon, personne ne pourrait en manger. », souligne Bill.
« Et certains légumes sont très faciles à cultiver. Ils ne demandent pas beaucoup de travail. […] L’ail, par exemple : on le plante à l’automne et on le récolte en juillet de l’année suivante ; entre-temps, ça ne demande presque aucun entretien. La plupart des gens ne pensent même pas à cultiver du maïs, alors que c’est très facile. Il suffit de connaître la bonne méthode de plantation pour permettre l’autopollinisation. Une fois qu’on a compris ça: on met les graines en terre, elles germent et forment des tiges. À la fin, des épis de maïs se développent. Et entre-temps, vous n’avez presque rien à faire. […] L’asperge, qui est une plante vivace, ne se plante qu’une seule fois ; c’est sans doute le premier légume à sortir de terre au jardin. Ça demande beaucoup d’engrais et il faut entretenir la planche de culture en la désherbant régulièrement. Mais ensuite, chaque printemps, les asperges repoussent toutes seules. La même chose avec beaucoup de variétés de pommes de terre qui sont faciles à cultiver. Il y a tout un tas de légumes qu’on peut cultiver avec beaucoup de succès. »
Adieu le désherbage et vive les astuces !
« La raison principale pour laquelle les gens abandonnent le jardinage, c’est la corvée de désherbage. Or, on pratique ici une méthode qui élimine presque le besoin de désherber et réduit considérablement la nécessité d’arroser. », poursuit Bill.
« C’est une technique applicable aussi bien dans de grands champs que sur une pelouse, chez soi ou dans le quartier : épandre des tontes de gazon. Nous en déposons une couche d’environ 2 à 3 pouces d’épaisseur sur la planche de culture, tout autour des plants. Ainsi, les mauvaises herbes ne peuvent pas percer cette couche, et la plante cultivée peut se développer librement. On élimine donc quasiment la corvée de désherbage tout en conservant l’humidité du sol grâce à cette couche d’herbe ; ça permet de moins arroser que si le sol était à nu. Il existe d’autres astuces de ce genre. Les gens demandent souvent comment tuteurer les tomates ; nous utilisons ici des grillages de 4 pieds sur 8 qu’on trouve dans les magasins de bricolage. Il suffit d’y attacher les plants de tomates. C’est simple, et on peut réutiliser le grillage année après année. »
Sensibilisation : « pas sortis du bois »
« Nous existons depuis 16 ans et nous militons pour l’action climatique à Cornwall et dans les trois comtés. C’est donc une longue période de sensibilisation et de plaidoyer pour encourager les gens à agir contre le changement climatique. Nous travaillons avec divers groupes et menons des actions dans des domaines comme la sécurité alimentaire, le transport actif, la plantation d’arbres, ce genre de choses. C’est un éventail d’activités assez large, mais le groupe dédié à l’alimentation est particulièrement actif. », explique John Towndrow, président de Transition Cornwall +.
« Je dirais qu’on a vu des changements, mais je dois admettre que le processus est très lent. Vous savez, l’intérêt pour l’action climatique fluctue selon la situation personnelle de chacun. En ce moment, bien sûr, la situation économique relègue malheureusement l’action climatique au second plan. Mais on essaie d’influencer les politiques municipales. La ville de Cornwall a, par exemple, un plan d’action pour le climat. Il y a un comité du conseil municipal dédié à l’environnement et au changement climatique, et un coordinateur du développement durable. On a également fait pression pour obtenir des pistes cyclables pour réduire la dépendance à la voiture. Au fil du temps, il y a eu une lente montée de la sensibilisation et une évolution des politiques, au niveau municipal et individuel parce qu’on échange avec de nombreux groupes. »
Les nouvelles générations trop occupées
« Les jeunes sont très occupés par leur famille et leur travail. Nous avons donc essentiellement compté sur des retraités qui disposent de leurs propres revenus et d’un peu de temps libre. », explique John.
« Mais c’est sûr que, pour un événement comme la distribution de plants — où nous offrons environ 3 000 plants de légumes, par exemple — on voit souvent arriver pas mal de jeunes bénévoles. Ils sont ravis de consacrer une journée ou une demi-journée à l’événement, mais ils sont moins enclins à participer aux comités de planification ou à ce genre de choses. »
« Mais c’est sûr que, pour un événement comme la distribution de plants — où nous offrons environ 3 000 plants de légumes, par exemple — on voit souvent arriver pas mal de jeunes bénévoles. Ils sont ravis de consacrer une journée ou une demi-journée à l’événement, mais ils sont moins enclins à participer aux comités de planification ou à ce genre de choses. »
Interrogé sur le scepticisme potentiel observé face aux changements climatiques, le président de Transition Cornwall + conclut : « C’est plutôt une réticence à prendre des décisions difficiles. Ils reconnaissent l’existence du changement climatique, mais si on leur demande de prendre des décisions fortes — concernant les déplacements, les véhicules ou les investissements locaux à l’échelle de la ville, par exemple — bref, lorsqu’il s’agit de décisions difficiles impliquant un changement de mode de vie, ils ont tendance à hésiter, ils sont habitués à une certaine façon de vivre. Et le changement, c’est difficile. Je pense que le prix des aliments amène certainement les gens à envisager de cultiver eux-mêmes une partie de leur nourriture, même en petite quantité. »

1 réflexion sur “Transition écologique : l’épicerie dans nos cours arrière”
Merci pour cet article qui met en valeur une organisation efficace et utile. Le groupe était présent à Alexandria, hier, samedi au Festival du miel et des pollinisateurs.
Agir là où sont nos pieds, et partager le savoir comme les pieds de tomates avec le sourire, cela montre que chacun peut agir.