
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Une aide tangible
Le 10 août dernier, Cheryl Tourangeau, membre du Club Optimiste de Cornwall et Jenniflore D’Amour, commandante des services paramédicaux de Cornwall Stormont Dundas Glengarry, sont venues présenter leur nouveau partenariat au conseil municipal.
En effet, le Club Optimiste a approché les services ambulanciers afin de savoir comment ceux-ci pouvaient mieux soutenir les enfants vulnérables lors de leurs interventions.
C’est ainsi qu’est né Lance, un petit lama en peluche conçu comme une aide face au traumatisme. « L’idée est d’avoir quelque chose de tangible sur lequel se concentrer parce que beaucoup d’enfants font face à de l’anxiété et ne le verbalisent pas. […] Lama Lance est un des personnages que les services paramédicaux ont développés… », a expliqué Cheryl Tourangeau. Les partenaires entendent ainsi former un pont avec les jeunes patients ou les témoins de traumatismes pour qu’ils se sentent plus confortables et en sécurité.
500 mascottes sur la route
« Nous allons mettre la peluche dans chaque véhicule pour offrir aux personnes de la communauté qui sont vulnérables, pour favoriser une meilleure compréhension de la situation ou une détente. », a souligné Jenniflore D’Amour. 500 lamas seront ainsi disponibles. L’image du lama Lance sera aussi ajoutée à la Funbulance.
Pour pérenniser l’initiative, le Club Optimiste lancera sous peu la campagne « Achetez un lama, offrez un lama. » Le public pourra acheter une peluche et les bénéfices des ventes serviront à renouveler le stock existant.
Les petits Lance à la vente porteront un bandana d’une couleur différente de celui des peluches réservées aux enfants en situation d’urgence.
Un conseil unanime
« Vous être allées hors de votre champ d’action pour trouver de nouvelles idées. C’est le genre d’expérience qui peut mener à des résultats positifs dans la communauté. Ça a l’air d’être juste un petit lama, mais ça peut sauver des vies. Quand on est dans le trouble, ce sont de petites choses qui peuvent faire la différence. », a souligné le conseiller Fred Ngoundjo. La conseillère Sarah Good a renchéri en témoignant de l’attachement de son fils de 5 ans à sa peluche. « J’ai vu l’importance que ça a dans la communication de leurs émotions. Je serai heureuse de voir le projet se poursuivre. »
Et le maire de conclure : « Ça va faire une grande différence pour les jeunes. Alors, merci pour eux. »
Peluche-refuge
Le 10 août a également été marqué par le suicide d’une jeune fille de la communauté qui, après avoir manifesté sa détresse pendant un long moment, s’est jetée dans le vide. Ce drame a rappelé l’importance de recevoir un soutien émotionnel adéquat en situation de crise.
La « peluche-refuge » est un phénomène qui s’est manifesté à travers différentes expériences menées dans les années 1950 par le psychologue américain Harry Harlow sur de jeunes singes rhésus.
Harlow séparait les petits de leur mère et leur présentait deux mamans de substitution : l’une en fil de fer, qui fournissait nourriture et eau, et l’autre recouverte de tissu, douce, mais dépourvue de nourriture. Contrairement à ce que prédisait le béhaviorisme, les singes passaient la majorité de leur temps auprès de la « mère » en tissu. Ces expériences ont ainsi montré que l’attachement ne repose pas seulement sur la satisfaction des besoins physiques, mais aussi sur le contact, la chaleur et le réconfort.
Ces résultats ont contribué au développement de la théorie moderne de l’attachement, selon laquelle un enfant a besoin d’un lien affectif sécurisant avec la personne qui s’occupe de lui.
