
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Faire revivre Les Jeux Dit Impro
Gabrielle Dignard a obtenu une subvention de la Fondation Réseau Dialogue afin de proposer aux adolescents et jeunes adultes de la région les Jeux Dit impro. Parrainée par l’organisme culturel L’Amalgame, elle animera une série de 6 ateliers.
Au programme : les bases de l’impro, les personnages, les émotions, la construction, le jeu d’équipe. Le tout couronné par un tournoi convivial.
« Mon rôle, c’est de la guider, de l’épauler avec la publicité. », explique Mario Gagnon, le président de L’Amalgame.
« C’est vouloir faire revivre un volet qui s’est arrêté suite au décès de Michel Lamarche. C’était un membre de L’Amalgame qui était organisateur d’une ligue d’improvisation. Je voulais revoir ce volet actif. », souligne Gabrielle.
J’ai eu le plaisir d’en faire au secondaire parce que les écoles ici ont leurs équipes et les conseils scolaires font des tournois. En tant qu’adulte, la seule place où j’ai accès à en faire, c’est à plus d’une heure d’ici. J’ai vu que ce serait valable de le faire à Cornwall.
Gabrielle Dignard
« L’improvisation, c’est vraiment le jeu, c’est un espace pour s’amuser en français. »
Si L’Amalgame est entre autres une troupe de théâtre, Mario Gagnon souligne que l’improvisation a été historiquement une discipline plus accessible. « On fait une production par année et c’était une façon de garder nos gens. Il y en a qui ne veulent pas s’impliquer pour faire une longue pièce de théâtre et l’impro, ce sont des petits sketches. C’est une façon de se rencontrer entre francophones. Nos plus jeunes avaient 14 ans et les plus vieux, 60. [..] Ça a toujours été rassembleur. »
De la scène au « match » : comment l’improvisation est devenue un spectacle
L’improvisation théâtrale a d’abord été un outil de création. Depuis la Renaissance, de nombreux artistes ont recours à cette pratique pour explorer les personnages et les dialogues.
À la fin des années 70 au Québec, la discipline connaît une véritable révolution. Des Québécoises et Québécois rapportent cette découverte d’un voyage aux États-Unis. Fascinés de voir l’histoire se construire sous les yeux du public, elles et ils souhaitent implanter l’improvisation dans la Belle Province, particulièrement à Montréal.
C’est ainsi que naîtra en 1977 la Ligue nationale d’improvisation, la LNI, qui ajoute une touche locale en appliquant les codes du Hockey.
Deux équipes, des maillots, un arbitre, des règles, des points, et une patinoire : tous les ingrédients sont réunis, à l’exception de la rondelle et du bâton. Les joueurs disposent plutôt de quelques minutes pour inventer une histoire, interpréter des personnages et rebondir sur les propositions qui leur sont imposées.
La LNI entreprend des tournées en France et dans plusieurs pays francophones. L’improvisation se fait connaître jusqu’au célèbre Festival d’Avignon. D’autres ligues apparaissent et les matchs se multiplient.
Dans les écoles
Le programme proposé par Gabrielle Dignard a été validé par Robert Poirier. Ce retraité francophone de Cornwall a introduit les concepts de la LNI dans les écoles anglophones.
Il a été coach d’impro au Cornwall Collegiate and Vocational School (CCVS) où il a entre autres entrainé ni plus ni moins que Ryan Gosling. D’autres élèves de l’établissement ont fait de brillantes carrières en prêtant leur voix à des films d’animation, dans la politique, la publicité ou même, le chant lyrique. Certains sont revenus vers l’enseignant pour lui témoigner que les règles apprises en improvisation avaient été fondatrices dans leur parcours.
« C’était tellement populaire avec les jeunes qu’on a formé une ligue d’improvisation qui comptait huit écoles. […] Ça a tendance à aller chercher les élèves qui sont souvent en marge, mais qui ont un certain talent en écriture. […] Ça donnait de la confiance à des jeunes qui n’en avaient pas. Ils étaient capables de s’exprimer sur scène d’une façon dont les profs ne les reconnaissaient pas. », se souvient Robert Poirier qui a aussi introduit l’improvisation dans les classes de français langue seconde pour pratiquer le français oral.
Avant de proposer le programme à venir, Gabrielle Dignard a fait ses armes avec des ateliers d’improvisation à l’école élémentaire, lors d’un camp de jour.
« Au secondaire, les élèves sont un peu plus matures et ont un sens de l’humour plus développé, mais j’ai vu de très belles improvisations chez les enfants. Ce qui est bien, c’est de commencer jeune, développer l’intérêt, et continuer ça une fois adulte. On veut pérenniser le jeu de l’impro à Cornwall. » Gabrielle espère ouvrir les horizons.
« Le programme est en français et s’ils sont anglophones et qu’ils parlent bien français, ils sont absolument les bienvenus. »
Pour attirer les plus âgés, elle entend afficher l’activité dans les endroits où ceux-ci se rendent, comme la bibliothèque. « Les gens de mon âge vont avoir un déclic et voir qu’il y a des activités pour eux. »
Les ateliers débuteront le jeudi 17 septembre au 1111, Montreal Road (ESP L’Héritage) et se tiendront aux deux semaines jusqu’au 17 décembre, date du tournoi convivial. Le tournoi sera ouvert au public, avec vente de billets.
