
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Plus complexe qu’on ne le croit
Le Centre d’établissement de soutien et d’orientation communautaire (Césoc) de Cornwall a organisé une séance d’information bilingue en partenariat avec l’Association pour la promotion de la santé des immigrants, des réfugiés et des populations vulnérables (APSIRPV). Les thématiques abordées allaient du choix des vêtements, à l’hydratation, en passant par la prévention des engelures, et la connaissance des virus hivernaux et des intempéries.
Les fondateurs de l’APSIRPV, Aïcha Kapkop et Mohammed Njoya, sont tous deux infirmiers et ont pu partager leur expertise et leur expérience. Mohammed Njoya a souligné que beaucoup de gens ne se protégeaient pas face au froid et à l’hiver et qu’il s’agissait d’une préparation psychologique. « L’hiver ne doit pas vous empêcher de sortir. », a-t-il poursuivi, insistant sur l’importance de rester actif pour la santé mentale.
D’ici peu, on aura la pluie verglaçante. Vous marchez, vous glissez. On a beaucoup de gens à l’hôpital parce qu’ils se sont cassé quelque chose. […] Si vous vous cassez quelque chose, ça peut vous ramener jusqu’à deux ans en arrière. Avec la réadaptation, on ne travaille pas, qui va supporter les charges ?
Mohammed Njoya






Les nouveaux arrivants ont ainsi pu découvrir les crampons de chaussures pour prévenir les chutes.
Un autre problème d’ajustement a été soulevé par un participant : « Depuis que je suis arrivé, ça fait 5 mois, il y a des nuits où j’ai l’impression d’étouffer à cause du chauffage et à – 26 degrés, je ne vais pas ouvrir les fenêtres. Comment faire ? »
« Ouvrez la fenêtre le matin pendant 10 minutes. Ça permet aussi d’humidifier la maison, sinon tout devient sec. », a répondu Mohammed Njoya. Aïcha Kapkop a également montré un humidificateur aux participants.
La prévention des maladies : une approche culturellement adaptée
Aïcha Kapkop a évoqué le cas d’un enfant malade dans la communauté dont la mère ne prenait pas la température. « On ne connait pas […] et je dis non, quand tu as un bébé à la maison, il faut toujours avoir un thermomètre. C’est très important ! »
Alarmée par les yeux rouges et l’écoulement nasal du petit, l’infirmière a conseillé aux parents de se rendre aux urgences. Croyant à une simple grippe, ceux-ci ont découvert qu’il s’agissait de la maladie de Kawasaki, une inflammation des vaisseaux sanguins qui touche les bambins de moins de 5 ans.
Avec les enfants à la maison, observez beaucoup.
Aïcha Kapkop
La professionnelle a aussi recommandé de surveiller la respiration afin de mesurer la gravité de l’état du malade.
« Si j’ai un réel problème ici avec ma famille, c’est l’hôpital. […] J’ai l’impression qu’à la maison, tu peux être en sécurité et à l’hôpital, tu peux mourir. », est intervenu un participant.
Mohammed Njoya a alors expliqué la notion de triage. Au regard des dernières données du gouvernement provincial, en octobre 2025, les patients ont attendu en moyenne 1,9 heures avant leur première évaluation par un urgentiste.
Une hausse des cas de grippe
Selon le Bureau de Santé de l’Est ontarien, une forte augmentation des cas de grippe A est observée partout dans la province. Début décembre, trois enfants de 5 à 9 ans sont décédés des suites de complications dans les régions d’Ottawa et de l’est de l’Ontario, rappelant que la grippe peut entraîner des formes sévères nécessitant une hospitalisation. La saison des maladies respiratoires se poursuit.
Les autorités de santé publique de l’est de l’Ontario et d’Ottawa recommandent fortement la vaccination à toutes les personnes âgées de six mois et plus, particulièrement aux enfants, plus touchés cette année par des formes graves. Le vaccin atteint son efficacité maximale après environ deux semaines.
La vaccination est offerte chez les fournisseurs de soins de santé et les centres communautaires (6 mois et plus), dans les pharmacies participantes (2 ans et plus) ainsi qu’au Bureau de santé de l’est de l’Ontario pour les enfants de moins de cinq ans et leur entourage, sur rendez-vous.
En complément, des gestes simples permettent de limiter la propagation : lavage fréquent des mains, éviter de se toucher le visage, couvrir la toux et les éternuements, rester à la maison en cas de maladie, éviter les visites dans les milieux de soins si l’on est malade et envisager le port du masque dans les lieux fermés ou bondés en cas de risque élevé.
