Double citoyenneté : cœur plus grand

ON A LE CHOIX - Les yeux aussi humides que le ciel, on rentre à la maison après un séjour en Europe qui remet les pendules à l’heure. Celle de l’équilibre. Revenir au pays permet de se rendre compte de la richesse du parcours migratoire.
Gargouille - Collégiale de Huy

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Delphine Petitjean - Rédactrice en chef

On a le choix

Delphine Petitjean
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.

Peur de rouiller

Le charme implacable des ruelles pavées, l’amour inébranlable des proches qui le restent malgré la distance. On ne retient que ça, quand on revient des années plus tard, apaisés. Mais si on est partis, c’est qu’il y avait de bonnes raisons.
Orelsan et Stromae, respectivement originaires du nord de la France et de la Belgique, résument à merveille nos motivations dans la chanson La pluie. Le titre est sorti en 2017, sur l’album La fête est finie d’Orelsan.

… J’connais la campagne et ses gros sabots

Où ça vole pas haut, les ragots et les oiseaux…

J’viens d’la terre du milieu où y a plein de petits vieux

Où l’chômage et la tisane forment un cercle vicieux

Où on critique les invités qui viennent de partir

C’est pas qu’on est lent, c’est qu’on prend not’ temps pour réfléchir

J’viens d’la classe moyenne, moyennement classe

Où tout l’monde cherche une place, Julien Clerc dans l’monospace

Chez moi, y a du soleil 40 jours par an

Tu peux passer la plupart de l’année à l’attendre

J’regardais par la fenêtre, enfermé dans ma chambre

J’priais pour la fin d’l’averse et aller faire d’la rampe

J’connais qu’le bruit d’la pluie, l’odeur du béton mouillé

Si j’suis parti, c’est parce que j’avais peur de rouiller

Trempé, j’aurais jamais pensé

Qu’le mauvais temps finirait par me manquer

Il fait quand même beau, il fait beau

Il fait beau, il fait beau

Chez moi, il fait beau, il fait beau

Relativiser

Chaque retour donne une autre perspective. On comprend qu’on a été critiques, parfois durs, mais que c’était nécessaire. Pour s’extirper d’un monde trop petit où l’horizon semblait bouché. Et puis au fur et à mesure, on se souvient de ses racines, de ce qu’on aimait et qui nous manquera un peu toute notre vie. On est contents de prendre le vol de retour et de rentrer à la maison, on sait qu’on a fait le bon choix. Mais on comprend qu’on sera toujours double et que c’est très bien comme ça.

Bonne écoute !

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