
On a le choix
Delphine Petitjean
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Vivre décemment
Par cet évènement, la volonté était de parler du visage multiforme de la discrimination. Certaines langues se délient. À leur arrivée, les immigrants en ont plein leur assiette, mais on retiendra le plus gros morceau, celui de l’emploi ou de la stabilité financière. L’enjeu premier de beaucoup de personnes dont il nous arrive de recueillir les confidences, mais qui, trop souvent, n’oseront pas prendre la parole dans ce type de discussions.
Cornwall est une ville où il fait bon vivre. Et comme partout, il faut en avoir les moyens. Les activités communautaires sont une source d’épanouissement pour les nouveaux arrivants. Seulement économiquement, la ville ne tient pas toujours sa promesse de « monde de possibilités ».
La forme et le fond
Parmi les barrières identifiées lors du panel de discussion de clôture, il y a la langue, l’isolement et le manque d’information.
C’est vrai… Mais il y a aussi le protectionnisme et les égos fragiles de ceux qui ont du mal à accepter que vous soyez experts dans ce que vous faites, surtout quand vous venez d’ailleurs. Ce qui empêche de collaborer efficacement et d’avancer dans le bon sens avec les forces de chacun pour que Cornwall SDG déploie ses ailes.
Merci pour ça…
Nous retenons aussi les propos de Christelle, nouvelle arrivante qui doit jongler avec les défis de l’entrepreneuriat. En attendant de peut-être vivre son rêve, elle aide les gens dans la même situation qu’elle.
L’accès au logement est le nerf de la guerre. Au point où les immigrants en ont ressorti un adage : Ce n’est pas toi qui choisis la ville, mais c’est la ville qui te choisit, en fonction du logement.
Christelle
« Vous choisissez qui entre quelqu’un qui a un historique de crédit et un contrat de travail par rapport à quelqu’un qui ne sait pas quand il va l’avoir ? »
La jeune femme a ainsi parlé de ces travailleurs qualifiés financièrement stables dans leur pays qui décident volontairement de venir au Canada.
« Ils ne peuvent pas être intégrés directement, mais le temps que cela prend, ce temps peut faire craquer. Certains sont obligés de faire des emplois de subsistance juste pour payer les factures et quand l’égo est touché et qu’on est aussi déçu, on ne peut pas se sentir inclus dans une communauté. On ne peut pas sentir qu’on appartient et être fier. On est là comme une personne qui est prise à partie. Et résultat : ils vont tous au Québec parce que l’accès à l’emploi est moins complexe, il n’y a pas de barrière linguistique. », a-t-elle conclu.
Le croyez-vous ? Tous ces gens qui sont venus du Québec pour s’installer ici et finalement, ceux qui font le chemin dans l’autre sens ? Est-ce vraiment juste un contexte socio-économique sur lequel nous n’avons pas de prise ?
Élargissons nos horizons, Cornwall. Notre ville vaut mieux que ça. Elle mérite mieux.
