
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Du concret pour sensibiliser
Cette session de formation d’une semaine est organisée chaque année par le ministère du Procureur général, en collaboration avec l’Institut de développement professionnel en langue française. L’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO) est un partenaire et collaborateur. L’organisme offre des outils et ressources juridiques en français tant pour les professionnels que pour le grand public.
« Ça regroupe des étudiants universitaires ou au collégial et on va jusqu’à la magistrature. On passe vraiment par tous les différents acteurs et intervenants du système de la justice : la police, les traducteurs, le personnel des tribunaux, etc. », explique Alexanne Stewart, directrice des services professionnels pour l’AJEFO.
Lors de l’évènement cette année à Cornwall, des exercices de sensibilisation ont été proposés aux professionnels présents.
Ils font des jeux de rôle, ils sont mis dans des situations réelles de leur quotidien. […] Soit ils sont procureurs, avocats de la défense, policiers, greffiers. On fait différentes procédures judiciaires.
Alexanne Stewart
Des professionnels conscients de l’importance de la langue
« On voit une très haute demande. Notamment au service gratuit de consultations et au niveau des professionnels, il y a un manque de formation et d’outils. », souligne Alexanne Stewart.
« On propose de combler ce vide à travers les formations professionnelles qu’on organise, mais aussi, le site web pancanadien Jurisource qui est vraiment notre outil de référence pour les professionnels de la justice. On retrouve à peu près 10 000 ressources terminologiques en français. », poursuit-elle.
« Du côté professionnel, les profils sont extrêmement variés. On a des francophones, mais on a énormément de francophiles ou même, des gens pour qui le français est une troisième ou quatrième langue. Ils veulent offrir des services parce qu’ils savent qu’ultimement, ça va servir à rendre la justice plus accessible. Les profils sont variés aussi au niveau des domaines de droit. […] La semaine de l’Institut est axée sur le droit criminel et le droit de subir son procès en français. C’est de rappeler aux professionnels leurs obligations déontologiques au niveau des droits linguistiques en Ontario. C’est une question de sensibilisation, pas seulement des francophones, mais du côté anglophone aussi. »
Le grand public et l’augmentation de la population
Interrogée sur une éventuelle augmentation des besoins pour le grand public en raison de l’immigration francophone, Sarah Sudre, directrice des communications pour l’AJEFO, nuance : « Pour l’Ontario, l’immigration francophone vient juste confirmer et appuyer la nécessité d’avoir des services en français. […] Et ça vient confirmer qu’on a un droit d’être servi en français et on doit garantir la protection de ce droit. Avec l’augmentation de la population francophone, il faut donner de plus en plus de ressources et d’ateliers spécifiques en français et aussi, dans les régions éloignées de l’Ontario, comme Cornwall. Dès qu’on sort des grandes villes comme London, Ottawa, Toronto, on doit mettre beaucoup plus l’accent pour s’assurer que tout le monde reçoit le même service. »
Par ailleurs, une diversification des besoins se fait bien sentir.
Dans nos ateliers d’information juridique, on en a qui sont directement liés à l’immigration, comme : En tant qu’immigrante francophone, comment faire face aux violences familiales ? Comment identifier quand il y a de la violence familiale ? Comment agir et se protéger ? Ce sont des populations vulnérables qui ne connaissent pas forcément les lois, les codes au Canada.
Sarah Sudre
Le droit des locataires est une thématique qui revient aussi beaucoup au sein de la population immigrante. « Si ce n’est pas en français, c’est toute une immigration qui va être perdue et qui, mal informée, va passer à côté de ces droits. » conclut Sarah Sudre.
Les francophones peuvent suivre les ateliers d’information juridique en ligne et gratuitement. Certains sont en présentiel, d’autres en virtuel.
