Le REEI : préparer l’avenir, autrement

Plante verte qui pousse dans un verre qui contient des pièces de monaies
CHRONIQUE - Quand on pense à l'épargne, on imagine souvent les études des enfants, une maison ou la retraite. Un régime dont on parle beaucoup moins mérite pourtant l'attention : le REEI, le Régime enregistré d'épargne-invalidité. Derrière ce nom technique se cache une idée simple : permettre à une personne admissible de bâtir un patrimoine pour son avenir, avec l'aide du gouvernement.

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Vanessa Egnina

On a le choix

Vanessa Egnina
Chroniqueuse

Forte d’une expérience professionnelle en services financiers, en gestion et en vente, Vanessa aide les familles, les immigrants et les entreprises à prendre des décisions éclairées en matière de protection, d’épargne, d’investissement et de planification financière à long terme.

Un régime pensé pour l’avenir

Vivre avec un handicap peut entraîner des besoins financiers particuliers, aujourd’hui comme dans plusieurs années. Soins, logement, transport, accompagnement, équipements, ou simplement une plus grande sécurité financière : les dépenses s’accumulent avec le temps. Le REEI a été conçu pour aider les personnes admissibles à épargner sur le long terme, sans nécessairement répondre aux besoins immédiats. C’est souvent là que l’épargne prend tout son sens : quand elle crée des options pour l’avenir.

Une aide gouvernementale à ne pas sous-estimer

L’une des grandes particularités du REEI, c’est que les cotisations peuvent donner droit à des contributions du gouvernement. Deux mécanismes entrent en jeu : la Subvention canadienne pour l’épargne-invalidité (SCEI), qui peut ajouter de l’argent aux cotisations versées, et le Bon canadien pour l’épargne-invalidité (BCEI), qui peut être versé même sans cotisation personnelle, selon l’admissibilité et le revenu familial. Leur générosité dépend notamment du revenu familial et du montant cotisé. Autrement dit, une famille qui pense ne pas avoir les moyens d’épargner aurait intérêt à vérifier son admissibilité avant de conclure que le REEI n’est pas pour elle : le régime ne repose pas uniquement sur la capacité à épargner beaucoup chaque mois. En matière d’épargne, le montant de départ n’est pas toujours le plus important. C’est commencer qui compte.

Comme pour toute stratégie d’épargne à long terme, le temps peut jouer un rôle considérable. Les sommes investies dans un REEI peuvent générer des revenus de placement, qui génèrent eux-mêmes des revenus avec les années : c’est le principe des intérêts composés. Une petite contribution faite aujourd’hui peut donc valoir beaucoup plus une fois qu’elle a profité de plusieurs années de croissance.

Un patrimoine qui appartient à la personne

Le REEI n’est pas une simple réserve d’argent destinée à payer une dépense précise : il peut contribuer à bâtir un patrimoine au nom de la personne admissible, et cette distinction est importante. Préparer l’avenir, ce n’est pas seulement penser aux dépenses. C’est aussi permettre à une personne de conserver davantage de possibilités et d’autonomie. Dans certaines familles, cette réflexion s’inscrit dans une planification successorale plus large.

Des règles à connaître avant de faire le pas

Le REEI n’est pas un compte d’épargne ordinaire. Il comporte des limites de cotisation, des règles entourant les subventions et bons gouvernementaux, ainsi que des conditions particulières applicables aux retraits — certaines sommes gouvernementales pouvant même devoir être remboursées si un retrait survient dans certaines circonstances. Mieux vaut donc le voir comme un outil de planification à long terme, dont il faut comprendre les règles avant d’y investir.

Derrière les chiffres, une question de dignité et d’autonomie

La planification financière s’accompagne souvent de tableaux et de rendements. Mais avec le REEI, l’enjeu va plus loin : préparer une personne à l’avenir, créer une réserve financière, réduire la pression sur la famille et, surtout, donner davantage de choix à la personne concernée. La sécurité financière, ce n’est pas seulement avoir de l’argent. C’est aussi avoir des possibilités.

Commencer par une question simple

La première question n’est peut-être pas « Combien puis-je investir ? », mais plutôt : « Suis-je admissible au REEI, et à quelles aides gouvernementales pourrais-je avoir droit ? » Une fois cette question posée, il devient possible d’examiner les options et de déterminer la stratégie la mieux adaptée à la situation de la personne et de sa famille.

Le REEI est peut-être moins connu que le REER, le CELI ou le REEE. Pourtant, pour une personne admissible, il peut devenir un outil important d’une stratégie financière à long terme. On ne sait jamais ce que l’avenir réserve, mais on peut choisir de mieux s’y préparer. Le REEI n’est pas qu’un compte enregistré : c’est une façon de transformer l’épargne d’aujourd’hui en possibilités pour demain.

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