
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Des données probantes pour plus de reconnaissance
Lors de la présentation sous forme de webinaire, Sylvie Gravel, présidente du conseil d’administration de l’UCFO a précisé qu’il y avait 516 femmes recensées à travers les cercles de l’organisme provincial. L’objectif de ce premier livre blanc était de collecter des données pour entamer le dialogue avec les pouvoirs publics et ainsi, revendiquer plus de soutien aux femmes qui font vivre la francophonie rurale ontarienne.
« Quand on a voulu documenter la réalité des femmes francophones en milieu rural, on s’est buté à un mur. Il n’y a pas tellement de données qui existent, pas de portrait statistique fiable, pas de mesure systématique de leur isolement, de leur santé ou de leur contribution sociale. », souligne la directrice de l’UCFO, Janie Renée Myner.
Elle précise la valeur globale des heures de bénévolat effectuées et l’importance de la population à l’étude dans le livre blanc. Il y a 53,2 % de femmes francophones en Ontario, 24 % de la population en milieu rural a plus de 65 ans, comparativement à 17 % en zone urbaine. Les femmes sont globalement plus âgées que les hommes. « Le tissu communautaire en Ontario dépend historiquement des femmes parce qu’elles se mobilisent. »
Inclusion et services
Selon Janie Renée Myner, ces femmes contribuent aussi à la transmission du français dans ces zones éloignées.
Lucille Collard, députée provinciale pour Ottawa-Vanier était venue assister à la présentation. Elle s’est interrogée sur la composante culturelle dans cette population.
En réponse, la directrice de l’UCFO a mentionné un projet de pairage mené dans les Communautés francophones accueillantes (CFA) de Hawkesbury et de Sudbruy avec pour but de faire entendre les divers accents à la radio locale.
Par leur bénévolat, les femmes déploient des projets. C’est pourquoi un soutien est demandé pour plus de services en milieu rural.
Rappelons qu’à Cornwall par exemple, c’est à un groupe de femmes qu’on doit la naissance du centre de santé communautaire de l’Estrie.
Les défis soulevés sont aussi le manque de transport en commun et d’accès à Internet.
Des femmes pas si importantes pour le gouvernement
Interrogée sur l’origine du livre blanc, Janie Renée Myner revient sur le contexte politique : « Le travail s’est solidifié à l’annonce du premier ministre canadien qui avait décidé de se départir de la ministre de la condition féminine et puis de couper les fonds actifs dans femmes et égalité des genres. Pour nous, ça a un gros impact parce que le message que ça donne, c’est que peut-être les femmes ne sont pas aussi importantes qu’on pense à ses yeux. On voulait renchérir un peu. On a survécu pendant 90 ans de vague de différentes personnes au pouvoir. »
L’UCFO entend ainsi réclamer, par l’entremise de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), un financement structurel fédéral pour les organismes de femmes.
« La vitalité communautaire, la transmission, le vieillissement… ce que vous mettez en lumière sont des enjeux qui sont au cœur des états généraux. », a précisé lors de la rencontre Peter Hominuck, directeur général de l’AFO.
