
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL-Réseau.Presse-On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.

On a le choix
Raphaël Machiels
Directeur Technique et Caméraman - Monteur
Raphaël est diplômé en Techniques Cinématographiques et en Développement Web. En Belgique, il a travaillé pour la télévision nationale, ainsi que pour les télévisions locales en tant que caméraman - monteur. Il a aussi oeuvré sur des captations de concerts et d'évènements sportifs. Au Canada, il a travaillé dans le Web avant de co-fonder On a le choix Média.
Aller de l’avant, mais où ?
La motion a été débattue et toujours controversée.
« Une université à Cornwall est quelque chose qui est requis depuis longtemps et ce soir, en tant que conseil, nous pouvons donner l’opportunité à l’administration de continuer le projet que nous avons commencé quelques mois plus tôt. », s’est exprimé Fred Ngoundjo.
« Je ne pense pas que ce soit dans le meilleur intérêt de la communauté, je ne pense pas que ce soit la meilleure utilisation de nos ressources. Je supporterais une motion pour la création d’un comité ad hoc peut-être, ou un groupe de travail pour investiguer la faisabilité et toutes les questions qui circulent plutôt que de dire : « Hé, administration ! Allez faire ceci et cela et plus tard, nous verrons si nous pouvons mettre en place un plan ! », a souligné Dean Hollingsworth.
« Je continue d’avoir les mêmes préoccupations que celles que j’ai soulevées au dernier conseil. Le rapport était informatif, mais à mon avis, ce n’est pas assez pour mettre sur pied un plan d’implémentation. […] La motion dit de continuer nos relations avec l’Université d’Ottawa. Même si celle-ci a été impliquée dans le rapport, nous ne devrions pas présumer qu’elle est le seul et le meilleur partenaire. », a estimé Carilyne Hébert.
La conseillère était surtout échaudée par le fait que l’Université d’Ottawa n’ait pas expliqué pourquoi elle avait arrêté les programmes déjà en place à Cornwall il y a des années. « C’est l’éléphant blanc dans tout ce rapport. »
Sarah Good s’est montrée plus positive. « Même si ça n’a pas fonctionné par le passé et je le comprends, l’esprit de cette motion est quelque chose que je soutiens certainement. »
Malgré des réticences, l’administration va analyser plus avant la faisabilité du projet et revenir avec ses observations lors d’une prochaine réunion du conseil.
Retour en arrière
Depuis le début des débats en mai 2024, les opposants ont soulevé que la voie de l’université à Cornwall avait été empruntée par le passé, sans résultats suffisamment probants et qu’il n’était pas nécessaire d’allouer des fonds à une nouvelle étude de faisabilité en sachant que les données utiles étaient déjà disponibles.
Kelly Bergeron, une entrepreneure locale a voulu témoigner de son expérience ainsi que de la nécessité d’avoir une vision académique claire et de régler d’autres problèmes avant un tel projet.
En 2018, elle a été engagée comme directrice générale d’un centre d’innovation.
« Je voulais amener des emplois mieux payés à Cornwall parce que j’ai travaillé dans la Silicone Valley, j’ai travaillé à San Francisco et je faisais beaucoup d’argent. Je voulais offrir l’opportunité à d’autres jeunes. […] Il y avait des institutions majeures à Cornwall […], même des organisations d’Akwesasne qui voulaient vraiment implanter une université à Cornwall. On a construit un curriculum très avancé en technologies, intelligence artificielle, réalité virtuelle, véhicules autonomes, marketing numérique, compétence en affaires. […] Nous avons fait la technologie agricole, ce qui était une grosse affaire pour cette région qui est très rurale. Nous avons eu plus de 120 personnes dans le programme et beaucoup ont obtenu leur diplôme. »
« C’est un grand gaspillage d’argent »
Au sujet du programme mis en place, Kelly Bergeron poursuit : « Nous étions supposés avoir 5 000 000 $ sur 10 ans, donc 50 000 $ par an et après deux ans, la Ville a décidé de ne plus financer, mais ne nous a jamais dit pourquoi. […] Pourquoi est-ce que les responsables ne sont pas redevables de l’utilisation de cet argent et ne font pas savoir ce qui s’est passé ? Si vous dépensez un tel montant d’argent, vous devriez partager vos apprentissages avec la communauté. », insiste-t-elle.
« Et ces 60 000 $ qui ont été dépensés pour faire un rapport, encore une fois… J’ai contacté la Ville et j’ai dit : « Hé ! J’ai toutes ces informations disponibles à partager avec vous. J’ai aidé à implémenter ce programme au Canada. […] Nous avons tout ce curriculum, vous pouvez le relancer ! » Et ils n’ont jamais fait le suivi. Je pense donc que comme contribuables, nous devrions avoir toute l’information. La Ville a fait ça avant, pourquoi dépensent-ils 60 000 $ alors que nous avons une crise ? »
D’abord soutenir les entreprises et les organisations
Quand je suis revenue m’installer ici en 2016, j’ai dû regarder le salaire moyen. Il était de 38 000 $ et il est maintenant de 39 000 $, seulement 1000 $ de plus. Nous n’attirons pas d’emplois bien payés. Si quelqu’un va à l’université ici, il ne trouvera pas d’emploi ici. », croit Kelly Bergeron.
L’entrepreneure estime que la Municipalité devrait davantage soutenir les entreprises locales afin de pouvoir créer des emplois mieux rémunérés. « J’ai travaillé avec beaucoup d’entrepreneurs quand j’étais au Centre d’innovation et beaucoup venaient vers moi en me disant : « Nous n’avons pas de soutien de la Ville, comment pouvez-vous nous aider ? » », se souvient-elle.
« Je pense que c’est une approche holistique. Vous avez des gens qui sont à peine capables de s’en sortir et qui font du sur place à ce point-ci. Et ce nombre augmente. Vous devez être capable d’aller sur le terrain et de régler ces problèmes d’abord, avant de venir avec quelque chose d’aussi grand. Vous devez créer une culture. […] Vous devez soutenir tous les niveaux d’organisations dans cette communauté et ne pas discriminer, traiter les gens avec gentillesse, respect et équité. »
Déclaration du Collège St Lawrence
Afin d’offrir la perspective du collège St Lawrence sur la question, voici la déclaration écrite de Glenn Vollebregt, président et directeur général :
« Depuis près de 60 ans, le Collège St.Lawrence offre des programmes et des services de développement des compétences qui répondent aux besoins du marché du travail de l’Est de l’Ontario. Notre campus de Cornwall, nos étudiants, nos diplômés et notre équipe ont contribué de manière significative au développement communautaire et à l’économie locale pendant cette période. Les infirmières et les professionnels de la santé formés au Collège St. Lawrence travaillent dans les hôpitaux et les établissements de soins locaux, et sont les premiers intervenants de la région. Nos soudeurs, charpentiers, mécaniciens-monteurs et techniciens automobiles contribuent à la prospérité de l’industrie locale. Nos diplômés en services professionnels issus de programmes comme la chaîne d’approvisionnement, l’éducation de la petite enfance, les technologies environnementales, la programmation de jeux et bien d’autres constituent les nouveaux talents qui contribuent à la croissance et à la prospérité des entreprises de la région de Cornwall.
Le secteur post-secondaire de l’Ontario est confronté à des pressions et à des changements sans précédent causés par des changements soudains et à courte vue au niveau fédéral. Les défis ne se limitent pas à Cornwall, mais touchent tout le pays. SLC a récemment fait l’objet d’un examen d’efficacité et de responsabilisation qui a servi de guide à une restructuration à l’échelle du collège, où 36 programmes ont été suspendus et 43 % des postes administratifs et 35 % des postes de personnel de soutien ont été supprimés. Nous sommes déterminés à développer de nouveaux programmes qui contribuent à former les talents dont les employeurs ont besoin aujourd’hui et demain, et nous espérons y parvenir avec le soutien de partenaires communautaires et gouvernementaux.
Lors de la cérémonie de remise des diplômes de cette année, le collège a célébré les réalisations de près de 900 diplômés. Il s’agira de la plus importante promotion depuis un certain temps, alors que les effets de la limitation de l’accès à l’éducation internationale au Canada se font sentir. SLC soutient l’accès à l’éducation et à des programmes post-secondaires qui répondent aux besoins du marché du travail local et régional. Nous sommes fiers de la façon dont nous avons grandi et évolué au cours du dernier demi-siècle, et nous sommes réactifs et déterminés à poursuivre. »
