Lutte contre l’itinérance : construire un pont entre la rue et le logement stable

ON A LE CHOIX - La Ville de Cornwall souhaite avancer dans la prise en charge du sans-abrisme de plus en plus présent dans la région. Dans cette optique, un nouveau projet a été présenté aux résidents le 14 janvier dernier.
Église de Cornwall avec un plan pour construction d'abris pour les itinérants

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Photo de Brandon Griggs sur Unsplash
Delphine Petitjean - Rédactrice en chef

On a le choix

Delphine Petitjean
IJL - On a le choix

Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.

Un nouveau projet a été présenté aux résidents
Photo : Raphaël Machiels On a le choix

Qu’est-ce que le logement provisoire (Bridge Housing) ?

Les citoyens étaient venus nombreux ce soir-là dans le but d’obtenir une meilleure vision du projet expliqué par l’administration.

Le logement provisoire est une solution d’hébergement qui accompagne activement les personnes vers l’accès à un logement permanent. Il ne s’agit pas d’un refuge d’urgence.

Le logement provisoire se distingue par les éléments suivants :

  • Il propose un hébergement immédiat, sécuritaire et stable aux personnes en situation d’itinérance ou vivant dans des logements temporaires, qui souhaitent en sortir ou qui ont vécu plusieurs échecs dans leurs démarches de logement et de soutien.
  • Il offre des services centrés sur l’accès au logement afin de relier les participants à des possibilités de logement permanent.
  • Il répond aux besoins urgents (santé, revenus, documents d’identité, prestations, etc.) qui constituent des freins à l’accès au logement.
  • Il favorise le développement de compétences pour réduire la durée de l’itinérance et assurer une transition réussie vers un logement permanent.

Public cible

« Nous continuons à vouloir apporter le logement abordable à notre communauté. Pas seulement notre communauté, mais toute la région, et cette proposition de projet est une option parmi d’autres. […] C’est entièrement mobile, donc si dans une dizaine d’années, nous devons le déplacer, nous pourrons le faire. », a souligné Mellissa Morgan, responsable des services sociaux pour Cornwall Stormont Dundas et Glengarry.

Melissa Morgan
Mellissa Morgan, responsable des services sociaux pour Cornwall Stormont Dundas et Glengarry
Photo : Raphaël Machiels On a le choix
De tels projets ont déjà vu le jour dans d’autres municipalités de la province comme Peterborough. Selon les moyennes observées, les bénéficiaires pourront rester entre 6 mois et quatre ans, en fonction de leurs besoins. Les derniers chiffres des listes officielles recensent entre 75 et 100 personnes à la rue à Cornwall. « Mais il y a beaucoup de gens que nous ne voyons pas et dont nous ne savons pas où ils se trouvent », a précisé Lisa Smith, responsable des services de logement pour la Ville. Par ailleurs, selon le rapport « Municipalités sous pression – un an plus tard », plus de 175 000 Ontariens pourraient se retrouver sans domicile d’ici 2036.

Débat autour de la sélection du site

Si le projet est adopté lors des prochaines discussions au conseil, il devrait voir le jour au 800, 12e Rue sur le site de l’Église Knox-St.Paul et comprendre 30 cabines modulaires pour dormir ainsi qu’un centre communautaire et des sanitaires. Mellissa Morgan a fait écho au mécontentement de certains résidents quant au manque de concertation sur la sélection du site.

On dirait qu’il y a beaucoup de terrains vacants en ville, mais la municipalité n’en possède pas un grand pourcentage. Nous pouvons sélectionner des lieux qui nous appartiennent ou pour lesquels il y a des possibilités de partenariats privés. […] Nous allons prélever un loyer et nous voulons rester sur quelque chose d’abordable.

Le budget initial de développement est estimé à un peu plus de 2 millions $. Les fonds proviendront de la réserve du service de logement et de financement externes qui ne peuvent pas encore être dévoilés. Quant au budget d’opération, l’administration anticipe de pouvoir compter sur le programme de prévention de l’itinérance (PPI) et les loyers.

« Je suis ici parce que je suis fatiguée de voir des gens en tente à Cornwall. », a expliqué Phyllis Sarault, une résidente venue ce soir-là. « J’essaie d’obtenir des réponses. […] Peu importe où ils construisent, il y aura toujours quelqu’un qui se plaindra que c’est trop près de chez lui. Mais ces gens doivent obtenir de l’aide pour devenir sobres. », a souligné la conseillère en santé mentale et dépendance de formation.

Sécurité

Les partenariats sont multiples, tant avec les services de santé, que les services de police notamment. Ces derniers ont opté pour une approche concertée en ce qui a trait au traitement des dépendances. Deux unités spéciales composées d’un officier de police, d’une infirmière et d’un travailleur social se rendent sur le terrain. « On peut maintenant faire un travail proactif auprès des gens. », a expliqué Chad Maxwell, le chef adjoint de la police.

La Ville travaille aussi avec le service d’incendie dans la planification du projet. « Il y aura une lampe rouge qui va s’allumer sur chaque unité en cas de problème. Nous avons été impliqués pour déterminer la distance entre les unités et les accès. », a précisé Matthew Stephenson, chef des pompiers et directeur général adjoint de la Ville.

Matthew Stephenson
Matthew Stephenson - Chef des pompiers et directeur général adjoint de la Ville
Photo : Raphaël Machiels - On a le choix

Un bâtiment à part est prévu pour la cuisine communautaire, ce qui minimise les risques de feux. Le service d’incendie prévoit aussi une sensibilisation des usagers par rapport à l’entreposage « Nous les aiderons à garder juste ce dont ils ont besoin et tout le reste sera entreposé dehors. »

Taylor Seguin
Taylor Seguin - Un résident
Photo : Raphaël Machiels - On a le choix
Taylor Seguin, un autre résident venu ce soir-là, s’est dit enthousiaste au projet. « Les gens sont plus vulnérables que jamais et il n’y a pas vraiment de solution. Donc, ce soir est un pas dans la bonne direction, même si ce n’est pas encore concret. C’est le bon moment pour en parler parce qu’on est au milieu de l’hiver et il fait très froid. Ces conversations ont tendance à s’éteindre en été. »

Plus d’informations pertinentes sont disponibles sur le site de la Ville.

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