
On a le choix
Delphine Petitjean
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Que faire à longueur de journée ?
C’est facile de juger. Tout le monde, tout le temps. Si on le souhaite, on aura toujours quelque chose à dire sur son voisin, l’encabané comme l’itinérant. L’économie est ce qu’elle est et être à deux pas du trottoir pour la classe moyenne n’est pas si inconcevable.
Le projet de logement provisoire proposé par la Ville de Cornwall suscite du rejet, de la peur. C’est légitime, mais la compassion doit primer si on veut faire société dans les conditions qui sont les nôtres actuellement.
L’autre jour, un homme m’a demandé de l’argent pour manger. Va-t-il acheter de la nourriture ou une dose ? On ne sait pas. Devrait-il être blâmé ? On n’a pas vraiment idée de ce qui l’a mené là. Était-il dépendant avant de finir à la rue ou c’est l’itinérance qui l’a rendu malade. On ne peut pas lui en vouloir de chercher à s’échapper de son quotidien.
La peur de perdre et la liberté de ne plus avoir
Puisque la musique rend tout plus beau, on peut imaginer aussi que quand on n’a plus rien à perdre, quelque part, on a la chance d’être libre.
C’est en substance le propos de la chanson Like a Hobo de l’auteur-compositeur- interprète britannique Charlie Winston. Le titre est sorti en 2007.
J’ai toujours su depuis que je suis un jeune garçon que dans ce monde, tout est aussi bien que mal.
[…]
Comme un clochard issu d’un foyer brisé, rien ne va m’arrêter
Je n’ai jamais été envieux de la fortune des autres, moins j’en ai, plus je suis un homme heureux
Ma mère m’a dit : « Garde toujours la tête sur les épaules, certains peuvent vous féliciter pour obtenir ce qu’ils veulent. »
Et j’ai dit : « Maman, je n’ai pas peur. Ils prendront ce qu’ils prendront.
À quoi ressemblerait la vie sans quelques erreurs ? »
En voyageant aux États-Unis il y a deux ans, nous étions dans cet état d’esprit… Mais sur les stationnements de Walmart à côté de nous la nuit, beaucoup ne faisaient pas de tourisme.
Bonne écoute !
Photo : Raphaël Machiels - On a le choix
