
On a le choix
Delphine Petitjean
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Qui êtes-vous et quelles sont vos motivations à vous présenter comme conseiller pour la Ville de Cornwall ?
Je m’appelle Jason Mousseau. Je me suis installé dans la région de Cornwall il y a un peu plus d’un an pour mettre sur pied un programme résidentiel destiné aux jeunes en difficulté. Depuis près de 30 ans, je travaille auprès des jeunes et des familles, notamment dans les services à la jeunesse, les écoles, le système de justice et les programmes communautaires. J’ai occupé des postes sur le terrain et en gestion. Je suis aussi parent d’accueil à Cornwall.
Je suis encore relativement nouveau ici et je ne prétends pas connaître la ville mieux que les personnes qui y vivent depuis toujours. Je fais l’effort d’aller à leur rencontre et de les écouter. J’ai choisi de faire de Cornwall mon chez-moi et je veux contribuer à son avenir. Je me présente pour apporter au conseil une voix accessible, indépendante et attentive aux problèmes que les gens vivent au quotidien.
Si vous êtes élu, quels choix stratégiques faudrait-il faire selon vous pour maintenir un niveau de taxation municipale raisonnable ?
Les ménages et les entreprises ne peuvent pas absorber indéfiniment des hausses de taxes. Avant de réduire les services dont les gens dépendent, je veux examiner la façon dont la Ville fonctionne. Certaines tâches sont-elles faites en double ? Payons-nous des consultants pour du travail qui pourrait être réalisé à l’interne ? Les services municipaux peuvent-ils partager davantage leurs ressources ou faire des achats en commun avec des municipalités voisines ?
Il faut aussi entretenir les routes, les réseaux d’eau et les autres infrastructures essentielles. Remettre des réparations nécessaires à plus tard peut coûter encore plus cher. Pour chaque grand projet, le conseil devrait connaître le coût complet, suivre les dépassements et les expliquer publiquement. Enfin, soutenir les entreprises existantes et attirer des investissements responsables aidera à répartir les coûts de la Ville sur une assiette fiscale plus large.
Quelle est votre position par rapport aux logements passerelles et à la problématique du logement abordable en général ?
Les logements passerelles peuvent aider des personnes à retrouver une stabilité s’ils sont liés à des services de santé mentale, de lutte contre les dépendances et d’accompagnement vers un logement durable. Je voudrais savoir combien de personnes passent effectivement d’un logement temporaire à un logement stable, afin de voir ce qui fonctionne et ce qu’il faut améliorer.
Déplacer les personnes sans abri d’un espace public à un autre ne règle rien. En même temps, les résidentes et résidents doivent pouvoir se sentir en sécurité dans les parcs et les quartiers. Nous pouvons faire preuve de compassion tout en prenant ces préoccupations au sérieux.
Cornwall a aussi besoin de davantage de logements à différents prix : logements locatifs, petites habitations, logements familiaux, logements pour aînés et logements avec services de soutien. J’examinerais les terrains appartenant à la Ville, les obstacles liés au zonage et les délais d’approbation. Si une mesure incitative est proposée, je veux savoir ce qu’elle coûtera aux contribuables et combien de logements réellement abordables elle permettra de créer.
Comment voyez-vous la continuité du recrutement médical dans la région ?
L’accès aux soins de santé serait une priorité pour moi. Même si le système de santé relève principalement de la province, Cornwall peut travailler avec l’hôpital, les fournisseurs de soins et les autres partenaires pour attirer et retenir des médecins, des infirmières, des infirmiers et d’autres professionnels.
Recruter une personne, c’est souvent accueillir toute une famille. Il faut présenter les avantages de vivre ici et aider les familles à trouver leur place, notamment en créant des liens avec les employeurs pour les conjointes et conjoints. Je soutiendrais aussi des partenariats qui amènent des étudiantes et étudiants en médecine, en soins infirmiers et dans d’autres domaines de la santé à faire des stages dans notre région. S’ils apprennent à connaître Cornwall, certains choisiront peut-être d’y rester. Je défendrais également les besoins de notre communauté auprès de la province.
Selon vous, comment améliorer la transparence et la redevabilité dans la gestion municipale ?
Les gens devraient pouvoir comprendre ce que le conseil décide, pourquoi il le décide et combien cela coûtera. Je souhaite que le plus grand nombre possible de discussions aient lieu publiquement et figurent au dossier public. Certaines questions juridiques ou confidentielles doivent être traitées à huis clos, mais cela devrait rester l’exception.
Lorsqu’un grand projet dépasse son budget, le conseil et la population devraient le savoir rapidement et comprendre pourquoi. Je m’engage aussi à expliquer mes votes. Si quelqu’un me pose une question et que je ne connais pas la réponse, je le dirai, je me renseignerai et je reviendrai vers cette personne. Les gens ne seront pas toujours d’accord avec moi, mais ils devraient toujours pouvoir obtenir une réponse franche.
Comment entendez-vous soutenir la communauté francophone et l’amélioration continue des services en français ?
La communauté francophone fait partie intégrante de Cornwall. Ses membres doivent pouvoir accéder aux services municipaux et participer aux décisions qui les concernent en français. Je veux rencontrer les organismes et es résidentes et résidents francophones pour comprendre où se trouvent les lacunes : communications, qualité des traductions, accès aux services ou consultations publiques.
Je ne prétends pas définir seul les priorités de la communauté francophone. Je veux les entendre, porter leurs préoccupations au conseil et demander un suivi concret lorsque des améliorations sont nécessaires. Les nouveaux arrivants francophones doivent également pouvoir trouver de l’information et des liens avec la communauté dans leur langue.
Comment pensez-vous que l’accueil des nouveaux arrivants pourrait être soutenu davantage ?
Un bon accueil signifie pouvoir trouver un logement, comprendre les services disponibles, accéder à l’emploi et créer des liens dans la communauté. La Ville peut mieux oordonner ses efforts avec les organismes d’établissement, les écoles, les employeurs et les groupes communautaires.
Dans le questionnaire soumis à nos lectrices et lecteurs, on nous a adressé une problématique de népotisme à Cornwall, tant au niveau public que privé, qu’en pensez-vous ?
Je prends au sérieux toute préoccupation concernant le favoritisme, mais je ne veux pas accuser des personnes ou des organisations sans disposer de faits précis. La meilleure réponse, pour la Ville, est d’avoir des règles claires et de les appliquer de façon constante.
Selon vous, comment l’économie locale pourrait être dynamisée ?
Il faut soutenir les entreprises qui sont déjà ici tout en attirant des investissements qui créent de bons emplois. Une personne qui souhaite ouvrir ou agrandir une entreprise devrait pouvoir comprendre facilement les permis nécessaires, les coûts et les délais. J’aimerais entendre les commerçants sur les étapes qui les ralentissent inutilement.
Le bord de l’eau, le centre-ville, les arts et les événements peuvent aussi attirer des visiteurs et soutenir les commerces locaux. Les terrains portuaires offrent une possibilité importante, mais leur avenir doit être décidé avec le Conseil mohawk d’Akwesasne, qui en est copropriétaire, comme partenaire à part entière. Avant d’engager des fonds publics, il faut écouter les deux communautés, comprendre les coûts et établir un plan dont les retombées leur profitent à toutes les deux.
Comment entendez-vous être concrètement à l’écoute de vos concitoyennes et concitoyens ?
Pendant ma campagne, je rencontre des gens à leur porte et autour d’un café. Nous parlons de logement, de sécurité, de taxes, du bord de l’eau et de ce qu’ils souhaitent pour Cornwall. Je veux continuer à être présent et joignable entre les élections, et pas seulement lorsque je sollicite un vote.
Écouter signifie aussi assurer un suivi. Si une personne me confie un problème, je veux lui dire franchement ce que je peux faire, chercher une réponse lorsque je ne l’ai pas et revenir vers elle. Je veux rencontrer régulièrement les gens dans leurs quartiers et tenir compte de leurs idées, même lorsqu’ils ne partagent pas mon point de vue.
Avez-vous un dernier message ?
J’ai choisi de vivre à Cornwall, et je veux contribuer à la communauté qui est maintenant la mienne. Beaucoup de gens me parlent du coût de la vie, de la sécurité, du logement et de leur désir de voir la Ville dépenser leur argent avec soin. Ils veulent être ntendus et savoir ce qui se passe au conseil.
Je n’ai pas la prétention d’avoir toutes les réponses. J’apporterai mon expérience, je poserai des questions et je travaillerai avec les autres pour trouver des solutions concrètes. J’invite les résidentes et résidents à venir me parler de ce qui compte pour eux.
