
On a le choix
Delphine Petitjean
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Qui êtes-vous et quelles sont vos motivations à vous représenter comme conseillère pour la Ville de Cornwall ?
Je m’appelle Elaine MacDonald et je suis conseillère municipale de longue date, élue pour la première fois en 2006. Ma motivation demeure aujourd’hui la même qu’à mes débuts : veiller à ce que nos résidents bénéficient de tous les avantages possibles, et faire en sorte que notre collectivité propose des atouts adaptés à tous les âges et à toutes les étapes de la vie.
Cela exige des services équilibrés, alliant offres culturelles et activités sportives. Depuis 2006, notre mission majeure en tant que conseillers municipaux a consisté à développer une économie moderne, capable de prendre le relais de l’ancienne économie industrielle. C’est là notre responsabilité à long terme. Elle sous-tend toutes nos autres actions, et je suis fermement convaincue que nous devons poursuivre dans cette voie. Nous avons mis en place un secteur logistique solide et nous concentrons désormais nos efforts sur le tourisme et les arts.
Si vous êtes réélue, quels choix stratégiques faudrait-il faire selon vous pour maintenir un niveau de taxation municipale raisonnable ?
Les impôts sont directement liés aux programmes et aux besoins de la ville. Chaque année, au moment de l'élaboration du budget, nous examinons la liste des projets proposés par les responsables des services municipaux et nous évaluons si chaque élément relève de la nécessité ou s'il s'agit simplement d'un ajout souhaitable.
Quelle est votre position par rapport aux logements passerelles et à la problématique du logement abordable en général ?
Je soutiens pleinement ces deux approches. La situation de sans-abri ne survient pas du jour au lendemain ; elle est l’aboutissement d’une série de revers. Des événements tels que des pertes d’emploi successives, des problèmes de santé ou des ruptures familiales comptent parmi les causes qui mènent à l’installation dans des campements. Le chemin du retour — de la tente vers un appartement — ne se parcourt pas non plus en un instant. Les structures de logement transitoire offrent un accompagnement permettant aux personnes de retrouver confiance en elles et de reprendre leur vie en main. Il est crucial d’aider chacun à parvenir, à terme, à une vie autonome.
Comment voyez-vous la continuité du recrutement médical dans la région ?
Le recrutement de médecins est devenu un défi concurrentiel entre les municipalités. Face à la pénurie de médecins, les villes sont contraintes de rivaliser en proposant divers avantages pour inciter les professionnels de santé à choisir leur commune pour y exercer. Je pense que cette situation va perdurer. Notre équipe chargée du recrutement médical a obtenu d’excellents résultats au cours de ce mandat.
Selon vous, comment améliorer la transparence et la redevabilité dans la gestion municipale ?
Toutes les décisions municipales sont prises lors de séances publiques du conseil, et les citoyens sont invités à assister aux débats en direct. Les séances sont également diffusées en ligne et peuvent être consultées ultérieurement sur le site Internet de la ville. Je conviens toutefois que ces mesures ne satisfont pas tout le monde. À mon avis, les décisions importantes devraient faire l'objet d'articles de suivi et d'explications publiés sur le site Internet de la ville par notre équipe de communication.
Comment entendez-vous soutenir la communauté francophone et l’amélioration continue des services en français ?
Je pense que la communauté francophone pourrait orienter la démarche à cet égard. Les francophones bénéficient de l'éventail de services de soutien offerts par la Ville et sont à même d'en évaluer l'efficacité. Le statu quo ne saurait perdurer, car les circonstances et les dirigeants politiques évoluent, ce qui a une incidence sur la qualité des services. À mon sens, il serait opportun — et nécessaire — de présenter une évaluation annuelle à l'administration municipale, en particulier aux responsables des ressources humaines ainsi qu'aux personnes chargées d'intégrer les principes d'équité, de diversité et d'inclusion (EDI) dans les politiques, les programmes et les processus de recrutement de la Ville. Ce n'est que récemment que nous avons adopté la politique consistant à publier les offres d'emploi de la Ville dans les deux langues officielles.
Comment pensez-vous que l’accueil des nouveaux arrivants pourrait être soutenu davantage ?
Je sais qu'il existe de nombreux organismes et services offerts aux nouveaux arrivants par les gouvernements fédéral et provincial, mais je pense que la ville pourrait ajouter une section d'accueil et d'information à son site Web. La ville ne fournit pas ces services elle-même, mais elle pourrait les recenser, afficher une carte indiquant leur emplacement et décrire les programmes de chaque organisme. Nous pourrions ainsi proposer une sorte de feuille de route.
Dans le questionnaire soumis à nos lectrices et lecteurs, on nous a adressé une problématique de népotisme à Cornwall, tant au niveau public que privé, qu’en pensez-vous ?
Le népotisme profite rarement à une organisation, qu’elle soit publique ou privée. Les personnes devraient être recrutées en fonction de leurs compétences et de leur formation, plutôt que de leurs liens de parenté.
Selon vous, comment l’économie locale pourrait être dynamisée ?
Je crois que nous sommes sur la bonne voie. Depuis la fermeture de la dernière usine (Domtar) en 2006, nous travaillons sans relâche sur ce projet global. Nous sommes en train de réinventer notre ville et notre économie. Nous avons commencé par la logistique, en nous concentrant sur le parc d’activités ; il nous faut désormais y poursuivre notre expansion, sous peine de stopper notre croissance ! Mais ce n’est pas tout. Au cours de ce mandat, nous avons dynamisé notre secteur touristique en renforçant les équipes dédiées et en multipliant les initiatives.
Comment entendez-vous être concrètement à l’écoute de vos concitoyennes et concitoyens ?
Les gens ont tendance à s’exprimer ouvertement sur leurs préoccupations. Ils m’abordent dans les épiceries, les parcs et les commerces, et j’espère être à leur écoute. Je lis les courriels qui me sont adressés et je dispose d’un numéro de téléphone accessible au public. Lorsqu’une question ou une éventualité s’annonce controversée, je sollicite l’avis des citoyens à ce sujet.
Avez-vous un dernier message ?
En tant que conseil municipal, nous avons dû faire face à des problèmes majeurs que nous n’avions pas nécessairement anticipés – comme celui des campements, par exemple – et je suis toujours impressionnée par la réaction des citoyens. Au plus fort de cette crise, les habitants ont fait preuve de bienveillance, de compassion et de patience, alors même que nous ne pouvions pas résoudre ces problèmes immédiatement.
