Montage Raphaël Machiels – On a le choix

On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Participation active pour ne pas être mis de côté
72 jeunes de 14 à 25 ans, provenant de l’ensemble des provinces et territoires, ont pris part à cinq journées d’immersion au cœur de la démocratie. Dans les rôles de député·es, pages ou de journalistes, ils et elles ont pu démontrer leur éloquence en débattant de projets de loi. Ils ont défendu leurs idées en Chambre et découvert de l’intérieur le fonctionnement de l’institution.
Ines Lombardo, journaliste parlementaire pour Francopresse a rapporté que moins que de s’engager en politique, cette immersion avait surtout suscité chez les jeunes le besoin d’être davantage considérés par les politiciens au niveau fédéral.
Hajer : le leadership collaboratif
La meilleure façon de faire entendre sa voix est sans doute de la porter soi-même. C’est ce que fait Hajer Belmebarki, vice-présidente du Sénat des élèves et élève conseillère, pour le Conseil des écoles publiques de l’est de l’Ontario (CEPEO), en 11e année à l’école publique secondaire l’Héritage de Cornwall.
On a des conseils scolaires, mais ils ne vivent pas nos réalités.
Hajer Belmebarki
Le Sénat est composé de 2 élèves par école secondaire du conseil scolaire. Ces représentants, l’un junior, l’autre senior, peuvent apporter les enjeux, les suggestions et les idées des jeunes au directeur de l’éducation et à la conseillère en gouvernance et en affaires.
Hajer explique ainsi avoir accès à un tableau de suivi. Le moment le plus marquant pour elle a été lorsqu’elle a vu pour la première fois un sujet amené passer du statut « en cours » à « traité ».
« C’est politique parce qu’il y a toujours des opinions différentes. […] Il faut vraiment être ouvert d’esprit, ce n’est pas tout le monde qui va partager les mêmes réalités. […] Il faut être quelqu’un à qui les gens font confiance pour qu’ils viennent te dire ce qui ne va pas. »
La jeune femme envisage de faire des études de droit ou de médecine. « Même si tu ne penses pas à développer une carrière politique, tu vas développer beaucoup de compétences : le leadership collaboratif, l’ouverture d’esprit, la gestion du temps et se montrer approchable. », souligne-t-elle.
« J’ai appris à quel point c’est important de communiquer avec les gens. J’avais sous-estimé à quel point tu peux avoir de l’impact en arrière-scène. »
Représentation et Inclusivité
Lors de l’évènement anniversaire des 30 ans de son école, Hajer avait exprimé sa fierté de voir plus de jeunes filles de sa culture représentées.
« C’est important de savoir que la réussite n’a pas un visage unique. Si tu penses que tu as les compétences, c’est un poste qui peut être ouvert à tout le monde. […] La diversité est importante parce qu’on a besoin des différentes perspectives pour atteindre un objectif commun. », conclut-elle.
Sa fonction lui a entre autres permis d’assister au 35e congrès de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, et de participer à un panel de discussion avec d’autres élèves conseillers. Les échanges ont porté sur des thèmes tels que la santé mentale en période d’examens, l’intelligence artificielle, l’insécurité linguistique, ou encore, le vote à 16 ans.
Jacob : le cœur des institutions en ligne de mire depuis l’enfance
Jacob Pilon, ancien élève de l’école secondaire catholique La Citadelle de Cornwall est aujourd’hui étudiant en science politique à l’Université d’Ottawa. Il a intégré le programme des pages à la Chambre des communes.
« On voit la période des questions sur les projets de loi, qui est assez célèbre. » Les pages assurent la logistique matérielle et la communication entre le personnel et les députés. Ils aident également à l’organisation des évènements.
« Le processus d’entrevue est assez rigoureux. Tu commences au mois de novembre l’année d’avant. Il y a ensuite une semaine de formation au mois d’août pour permettre aux pages de se familiariser avec la Chambre et son fonctionnement, ses procédures. », explique Jacob.
« J’ai toujours été intéressé par les institutions démocratiques du Canada. À l’âge de 7 ans, j’ai eu la chance de visiter l’originale Chambre des communes, ça m’a vraiment impressionné. […] Entendre l’histoire, tous les exploits des députés au fil des années, et voir tous les gens se rassembler aux quatre coins du pays, c’était quelque chose de vraiment spécial. »
Apprentissage et futur
« J’ai appris beaucoup au sujet de la procédure parlementaire. Il y a beaucoup de différents mécanismes et différents départements à la Chambre des communes qui travaillent ensemble. […] Je dirais aussi le savoir-faire. C’est évident que la transition du secondaire à l’université, c’est différent. Il faut apprendre à vivre par soi-même et faire toutes les tâches qui viennent avec ça. C’était un ajustement en début d’année. »
L’étudiant fait des liens logiques avec les matières vues en classe. « Souvent, on pense qu’on doit aimer la politique pour être page, mais ce n’est vraiment pas ça. Je pense que c’est vraiment cool parce qu’on a des gens de différents background au programme des pages. On a des étudiants en science politique, histoire ou science. […] L’essentiel dans le programme, c’est d’être capable de travailler en équipe et de s’adapter. »
La procédure de recrutement pour le programme des pages est disponible sur le site de la Chambre des communes.
