
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Des habiletés sociales à entretenir
Tom Hickey est un intervenant régulier de l’ACSM. Ayant traversé une période d’anxiété sévère, il s’implique aujourd’hui par la sensibilisation. Lors de l’évènement, le jeune homme a évoqué la période de la Covid 19 et les stratégies d’évitement qui peuvent se mettre en place en matière de phobie sociale.
Presque 4 ans d’excuse pour rester chez moi et ne pas interagir avec les gens. […] J’ai recommencé à écouter ces voix dans ma tête qui me disaient : ces personnes sont effrayantes, ne va pas là. […] C’est ce que j’ai fait. Les premiers mois étaient super. […] Mais j’ai régressé.
Tom Hickey
S’ouvrir aux autres
Kris McCarthy est le co-fondateur de FanSaves, une entreprise de la région. Il a aussi été joueur de hockey de haut niveau. Lors de son intervention, il a ainsi exprimé sa capacité à se dépasser, notamment physiquement, qui ne l’a pas empêché de sombrer dans la dépression.
Quand je parlais avec ma famille, on me demandait comment ça allait et je disais toujours que tout allait bien. J’ai pris de mauvaises habitudes, je n’aimais pas la personne que je voyais dans le miroir.
Kris McCarthy
Après avoir surmonté ses difficultés, il a accepté de prendre la parole à un évènement intitulé « Osez être vulnérable. ». Une tendance née en 2010, à la suite du TEDtalk « Le pouvoir de la vulnérabilité » de Brené Brown. Cette chercheuse de l’Université de Houston met en avant que la volonté de paraître inébranlable prive des réactions bienveillantes de l’entourage, qui pourraient pourtant offrir une réelle protection émotionnelle.
« Nous avons tous notre propre expérience avec la santé mentale, ne soyez pas gênés d’en parler. […] La société nous dirige vers le fait de rester en forme plus que d’entretenir notre mental, alors demandez-vous comment vous pouvez en prendre soin. », a conclu Kris McCarthy.
Externaliser la voix
Joël Gibeault a relevé plusieurs défis, dont l’ascension du Kilimandjaro. Il a raconté à quel point il s’est senti vivant arrivé au sommet puis que le quotidien l’a rattrapé à son retour.
« La dépression ne vient pas en une nuit, ça se construit doucement. Je me sentais coincé, comme si je vivais la même journée encore et encore. »
L’homme a décidé de personnifier son manque de confiance en lui. Lorsqu’il se dit qu’il n’est pas assez bon, il s’imagine ainsi un personnage avec lequel il dialogue pour lui faire comprendre qu’il va tout de même aller de l’avant. « C’est une part de la stratégie, externaliser la voix ».
Les hommes plus à risque
Selon un rapport de 2022 de la Commission de la santé mentale du Canada, parmi les quelque 4 000 suicides recensés chaque année au pays, 75 % concernent des hommes. Le suicide représente aussi la deuxième cause de mortalité chez les sujets masculins de 15 à 39 ans, juste après les accidents.
Tim Tremblay, un autre intervenant, a évoqué quant à lui l’automédication. Pendant des années, l’entrepreneur a souffert d’alcoolisme et il a eu du mal à identifier sa dépression.
Il s’est dit conscient que sa génération n’exprimait pas ses émotions en raison de l’image de l’homme fort qui était véhiculée.
« Nous avons des compartiments dans notre tête où nous stockons des choses et il est important de nous ouvrir pour laisser sortir ce qui nous dépasse. […] Je suis reconnaissant aux autres panélistes d’être venus parler et j’espère que ce n’est qu’un début pour la santé mentale des hommes. » a-t-il conclu.
