
On a le choix
Delphine Petitjean
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Des nuits qui s’étirent
Notre hôte de l’autre jour nous l’a dit, elle a grandi avec ça. « On chantait toute la nuit à Noël et on arrêtait quand il faisait clair. »
L’art repose sur un échange structuré : un ou plusieurs meneurs lancent une phrase chantée, reprise ensuite en chœur par l’assemblée.
Même si ce n’est pas exactement notre style de musique, les chanteuses et chanteurs que nous avons vus étaient de vrais passionnés et d’excellents instrumentistes. Et ce qui était beau surtout, c’était le plaisir qui se dégageait de la petite foule, les sourires sur les visages. De quoi faciliter la digestion paisible du pâté à la viande et des boulettes en sauce.
Une tradition ancienne
La pratique est très présente dans diverses régions du monde, notamment dans une partie de la Bretagne.
Issu de la grande famille du chant alterné, le chant à répondre apparaît aussi bien dans des contextes liturgiques que dans les usages populaires de nombreux peuples. Il s’agit d’une des premières formes de chant collectif. Réputé universel, ce procédé serait attesté dès le XIIᵉ siècle dans le cadre de la carole – une danse médiévale – selon les travaux de l’ethnologue Jean-Michel Guilcher. Mais les chercheurs estiment que son origine pourrait être bien plus ancienne encore.
Aujourd’hui, si son usage tend à régresser, le chant à répondre n’a pas disparu : il réapparaît volontiers lors d’événements festifs ou compétitifs, comme les concours ou les festoù-noz (des fêtes revivalistes qui recréent les rassemblements de la société paysanne d’avant les années 30).
La pratique est par ailleurs inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.
D’un continent à l’autre
En Bretagne, le chant à répondre s’illustre par la diversité de ses usages : de marche, de danse, de table, etc.
Au Québec et dans différentes régions du Canada français, les chansons à répondre occupent aussi une place majeure, particulièrement dans la culture d’avant les années 1960.
On a choisi la p’tite jument parce que c’est la chanson qui nous a le plus amusés l’autre soir. Celui qui l’interprétait était un vrai acteur qui jouait comme personne avec le public.
Bonne écoute !
Et si vous voulez vous pratiquer pendant les vacances, voici une liste de titres supplémentaires :
Ah si mon moine voulait danser
Bonhomme ! Bonhomme !
C’est l’aviron
L’arbre est dans ses feuilles
J’entends Le Loup, Le Renard et La Belette
La Ziguezon
Le rocket Richard
Loulou
Malurons Malurette
Nos belles Canadiennes
