Semaine nationale de l’immigration francophone : parler d’intégration

ON A LE CHOIX - Que s’est-t-il passé ces derniers jours dans les Communautés francophones accueillantes (CFA) de l’Est de l’Ontario ? Au cœur des discussions, les différents aspects de l’accueil et de la rétention des nouveaux arrivants.

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Delphine Petitjean - Rédactrice en chef

On a le choix

Delphine Petitjean
IJL - On a le choix

Rédactrice en chef et journaliste

Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.

Raphaël on a le choix

On a le choix

Raphaël Machiels
Directeur Technique et Caméraman - Monteur

Raphaël est diplômé en Techniques Cinématographiques et en Développement Web. En Belgique, il a travaillé pour la télévision nationale, ainsi que pour les télévisions locales en tant que caméraman - monteur. Il a aussi oeuvré sur des captations de concerts et d'évènements sportifs. Au Canada, il a travaillé dans le Web avant de co-fonder On a le choix Média.

Des amis et des défis dans Stormont Dundas et Glengarry

À Alexandria, la santé mentale était en question lors du dîner-réseautage organisé par le Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario (RSIFEO) le mardi 4 novembre dernier. Cette activité a permis aux résidents de tous horizons d’échanger.

Laurence Pechadre
Laurence Pechadre, immigrante d’origine française
Raphaël Machiels - On a le choix

« Alexandria, c’était il y a 6 ans. J’ai emménagé en plein hiver et j’ai été accueillie tout de suite par une voisine. […] J’ai eu un peu peur parce que je me demandais qui venait frapper à ma porte en pleine nuit. », explique Laurence Pechadre, immigrante d’origine française.

Elle a constaté ensuite que les voisins étaient très accueillants et précise qu’ils peuvent devenir vos premiers amis. « Il faut accepter de dire : je ne sais pas faire ça ou j’ai besoin de ci et j’ai gardé des amis pendant des années, grâce à ça. »

Concernant sa méthode pour s’intégrer, elle poursuit :

À chaque fois, j’ai trouvé des activités communautaires gratuites qui m’ont permis de découvrir le mode de vie canadien.

C’est ainsi qu’à Alexandria, elle fréquente un Carrefour de formation francophone qui offre notamment des cours de jardinage et d’informatique.

« Les grands défis, c’était avoir des deuils à distance. Même si on sait que ça va arriver, on n’est jamais vraiment prêts. […] Ce qui m’a aussi bizarrement aidée c’est d’accompagner des gens que je connaissais, qui m’avaient invitée à l’enterrement de leurs parents ou grands-parents. […] Partager leur douleur et pleurer avec eux, c’est un moyen aussi de vivre son propre deuil. », estime-t-elle.

CFA de Hawkesbury

Aser Penda est responsable de projet pour la CFA de Hawkesbury qui organisait le samedi 1er novembre un forum communautaire. Débuté en 2019, le programme affiche un certain succès puisqu’il est passé dans sa deuxième phase de réalisation après une première période de 3 ans. « On essaie d’aller vers les nouveaux arrivants parce qu’on a beaucoup de challenge aussi, il faut le dire. […] Il y a des personnes qui arrivent directement par la CFA et l’intermédiaire de notre service d’établissement et d’autres qui arrivent par personne interposée, parce qu’il y a un membre qui est là. […] On se connait, on se fréquente, on vit ensemble et c’est ça qui vient les chercher. »

Aser Penda
Aser Penda est responsable de projet pour la CFA de Hawkesbury
Raphaël Machiels - On a le choix

Si la vie dans cette petite communauté qui compte 86 % de francophones est plus paisible pour les familles, l’intégration économique reste le premier objectif.

« On a des personnes qui travailler à Hawkesbury et d’autres à 30 ou 40 minutes. […] On a aussi nous un partenariat, une entente avec le CSEPR (Centre de service à l’emploi) dans un programme où on va vers les entreprises pour les amener à venir recruter dans cette immigration qualifiée là. […] Du monde fait du covoiturage, travaille aux mêmes endroits. Même si on n’a pas de moyen de transport en dehors des taxis, des personnes arrivent à s’en sortir très facilement. », souligne le chargé de projet, évoquant la résilience des immigrants.

Les postes les plus en demande demeurent selon lui dans le secteur de l’éducation et des soins infirmiers. Le logement est un défi, c’est pourquoi la CFA fait des démarches auprès des propriétaires pour les nouveaux arrivants.

Arriver et s’informer

Maryse Bermingham est consultante en équité et diversité. Elle faisait partie du panel d’intervenants du forum. Elle est venue d’Haïti il y a 60 ans.

Maryse Bermingham
Maryse Bermingham est consultante en équité et diversité.
Raphaël Machiels - On a le choix

« Quand je suis arrivée, nous étions 11 Haïtiens à Montréal et maintenant, on est plus de 240 000. Donc, ça a évolué. Ça a changé et influencé pas mal l’accueil aussi. […] L’information, c’est le pouvoir. Ça permet aux nouveaux arrivants de prendre des décisions judicieuses qui vont leur permettre de s’intégrer parce que quand ils arrivent, ils ne savent pas nécessairement comment fonctionne cette société, où aller chercher les ressources importantes. On parle d’implication communautaire, comment le faire, pour briser l’isolement. »

Inclusion : abolir la notion de « race » du vocabulaire

Durant sa carrière, Maryse Bermingham a notamment dispensé une formation en éducation et en relations interculturelles au sein d’institutions francophones de la province. Elle a participé à de nombreuses recherches sur les enjeux liés aux immigrants francophones et à leur intégration dans la communauté d’accueil, tant pour le gouvernement provincial que fédéral.

« Il ne devrait pas y avoir la notion de race parce que cette notion appartient à la zoologie. […] Dès que j’ai des critères sur lesquels je détermine qui est plus que l’autre, je peux déshumaniser l’autre. […] Une fois qu’on l’enlève de notre vocabulaire et aussi de nos pensées, on parvient à avoir un terrain plus neutre et on peut accueillir, accepter et intégrer l’autre. »

L’identité franco-ontarienne

« La promotion de la reconnaissance de cette identité, elle est boiteuse. […] Les Franco-ontariens sont une minorité. Ils se battent bec et ongles pour garder et former cette identité. Et tout à coup, il y a un groupe de minorité visible et langagière qui vient s’insérer dans un milieu où il n’y a pas vraiment beaucoup de marche de manœuvre. Au lieu d’être rassembleur, ça devient une raison de division qui va malheureusement amener à l’assimilation rapide des nouveaux arrivants francophones, qui ne se retrouvent pas dans le milieu franco-ontarien. Ils vont chercher soit à emprunter une identité noire américaine qui ne leur sert pas du tout ou à se replier sur leur propre identité et être seulement des locataires de la francophonie, et non pas des propriétaires. Pour compenser cela, il faut informer les deux groupes. », estime Maryse Bermingham.

« Il faut travailler sur la formation d’une nouvelle identité sans que chacun perde la sienne pour la pérennité du fait français en Ontario. »

L’immigration : « Le beau mensonge »

Le jeudi 6 novembre en soirée, le Centre d’établissement, de soutien et d’orientation communautaire (Césoc) organisait la projection du film Le beau mensonge à la bibliothèque publique de Cornwall.

« Ce film ne sensibilise pas seulement sur le parcours migratoire et sur les défis d’intégration, mais aussi, il fait honneur au travail que le Césoc fait tous les jours. C’est un film qui accompagne les réfugiés. On comprend le secret du titre à la fin du film. », explique Halima Krodja, l’organisatrice.

Projection du film Le beau mensonge
Projection du film Le beau mensonge

CFA de Cornwall : où en est-on ?

Le gouvernement fédéral a désigné l’Association canadienne-française de l’Ontario Stormont Dundas et Glengarry (ACFO SDG) organisme fiduciaire de la CFA de Cornwall. Lors de son lancement officiel le 23 juin dernier, l’ACFO SDG a annoncé que le projet s’était vu octroyer un montant total de 1 272 111 $ pour sa première phase de 3 ans.

Céline Baillargeon-Tardif
Photo : Raphaël Machiels - On a le choix

Céline Baillargeon-Tardif n’est plus directrice générale de l’ACFO SDG. Elle demeure cependant contractuelle de l’organisme pour la gestion fiduciaire de la CFA. Un plan d’action communautaire a été développé par le comité consultatif local dans sa première année d’opération, pour un budget de 374 037 $.

Les détails de la somme et des activités réalisées et à venir n’ont pas encore été communiqués à notre rédaction à ce jour.

Plusieurs évènements semblent déjà avoir été mis sur pied, tel que, notamment, un atelier pour la prévention des incendies qui a eu lieu cette semaine.

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