
On a le choix
Delphine Petitjean
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Sept stations au service de la productivité
Au cours des deux dernières semaines, Alexis Doyle, responsable des relations communautaires pour la société Alto, a présenté un projet de train à grande vitesse qui, selon elle, devrait aider à améliorer la productivité dans le corridor menant au Québec.
Les stations desservies seraient Toronto, Peterborough, Ottawa, Laval, Montréal, Trois-Rivières et la ville de Québec.
Une manière « de gérer le coût croissant des déplacements. […] Les transports actuels ne répondent pas à la demande et au problème de congestion. […] Le besoin de relier des marchés du travail disparates grandit, la connexion entre communautés n’est pas suffisamment efficace pour une économie gagnante. », a souligné Alexis Doyle, faisant valoir que le développement d’un tel projet peut augmenter le produit intérieur brut annuel du Canada de 1,1 % et que ce TGV constituerait un atout pour le tourisme.
De hauts standards
Si la proposition est adoptée, la ligne serait alors tracée dans les prochains mois pour un train roulant à 300 km à l’heure, sur un trajet de plus ou moins 1000 km et 20 à 30 départs chaque jour.
Les véhicules Alto relieraient par exemple Montréal et Ottawa en 3 heures de temps. Pour ce faire, la compagnie prévoit une durée de travaux totale de 4 ans et souligne qu’elle collabore avec un réseau d’experts, notamment Air Canada et la SNCF.
Un milieu rural « mis de côté »
Lors de la présentation au conseil de North Glengarry, le maire Jamie MacDonald a fait part de ses inquiétudes face à une compétition potentielle avec la société VIA Rail « qui doit déjà survivre pour servir les petites municipalités comme Alexandria ou Casselman. »
Alexis Doyle a précisé qu’elle ne voyait pas les services d’Alto comme entrant en compétition, mais plutôt comme complémentaires à VIA Rail.
« Nous savons tous autour de la table que c’est quelque chose de nécessaire, mais effectivement, il faut regarder l’impact sur les régions. Nous faisons constamment face à la façon dont, comme municipalités rurales, dans l’Ontario rural, nous ne devons pas être laissés pour compte, que ce soit au niveau des fonds ou des infrastructures. Nous devons d’abord nous battre pour que nos petites stations restent ouvertes, nous en avons déjà perdu trop. Tout le monde doit comprendre qu’il faut une ruralité forte et vibrante pour que ce pays soit prospère. Si nous avons juste une poignée de grandes villes et rien entre, ça ne marche pas. », a insisté l’adjointe au maire, Carma Williams.
Des consultations et des compromis
Si Alto s’est attelé à sonder les municipalités en 2025, sa représentante a aussi précisé que la compagnie planifiait des tables rondes avec les communautés en 2026.
« Si vous nous consultez dès le départ, vous aurez plus de soutien. » a rebondi Carma Williams, demandant ensuite si l’utilisation de voies existantes était envisageable.
Alexis Doyle a ainsi expliqué que ce n’était pas possible puisque les TGV exigeaient une technologie spécifique, adaptée à leur vitesse.
Le conseiller Jeff Manley a estimé que si les lignes VIA Rail et Alto pouvaient être partagées avec, par exemple, un trajet reliant Alexandria à Ottawa par VIA Rail puis Ottawa à Toronto avec Alto, le projet pourrait être intéressant.
Une mobilisation
À l’automne, VIA Rail a annoncé son intention de ne plus desservir Cornwall ni d’autres localités de l’est de l’Ontario, suite à la mise en place d’un service sans arrêt entre Montréal et Toronto. Il était ainsi question que les trains VIA Rail, 60, 61, 68 et 69 ne s’arrêtent plus à Cornwall, Brockville, Kingston et Belleville.
Des députés de l’est de l’Ontario se sont réunis pour s’assurer que la direction de VIA Rail ne supprime pas définitivement les services dans des gares comme celle de Cornwall au profit des grandes villes.
