
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Combativité et entraide pour les familles
Clotilde Yepseu est la fondatrice de Donner du Sourire par un Geste. Elle a fait le choix de soutenir les familles qui, comme elle, ont des enfants à besoins spéciaux. Avec une approche culturelle adaptée, elle incite les parents à demander de l’aide. Lors de l’évènement, elle a partagé sa vision. « Je ne voulais pas me victimiser », a-t-elle précisé. Elle a également remercié ses propres enfants d’accepter ainsi son implication.
Les trois panels de discussion dont les intervenants étaient tous des immigrants s’articulaient autour des thèmes de l’emploi et l’administration, l’éducation et la santé.
Franchir la barrière de la langue dans la recherche d’emploi
Flora Cynthia Kra, présidente du festival Afro Diversité de Cornwall SDG et immigrante d’origine ivoirienne, a partagé son expérience : « Avant d’arriver en Ontario, j’avais peur parce que je ne maitrisais pas un mot d’anglais. J’ai découvert la banque Desjardins qui cherchait une conseillère bilingue et j’ai quand même pris la chance de postuler. Lors de l’entrevue, la dame a demandé si je pouvais me présenter en anglais et j’ai été sincère, j’ai dit : Honnêtement, je ne connais rien de l’anglais, mais j’ai toutes les qualifications, toutes les compétences pour ce poste-là et j’aimerais que vous me donniez la chance, comme ça, je vais pratiquer et apprendre avec les clients. »
Expliquant qu’elle avait ensuite réalisé les meilleurs chiffres de ventes dans le poste, elle a précisé qu’il ne fallait pas se laisser arrêter par la barrière linguistique.
L’enjeu des codes culturels
Cédric Louma, un intervenant dans le public, a ajouté une dimension aux défis que rencontrent les immigrants dans le cadre de leur intégration en emploi : « Nous sommes dans une ville à fort pourcentage anglophone et parfois les employeurs ne maitrisent pas les profils des francophones. ». Soulignant également l’importance des codes culturels dans le milieu de travail, il a évoqué son parcours à titre d’enseignant dans une école locale : « Moi, j’ai eu une expérience […] lors d’une de mes suppléances, venant du Cameroun, mon téléphone sonne en salle de classe. Je ne maitrise pas la culture professionnelle au Canada. Je prends mon téléphone. […] J’ai été convoqué à la sortie. Voici quelque chose qui se passe parce que j’étais ignorant de la culture professionnelle. »
La collaboration communautaire en question
Fatima Reda est la co-fondatrice de la nouvelle association Initiative Bonnes Actions. Son objectif est de représenter davantage sa culture et d’inciter les communautés arabes à s’installer à Cornwall.
Évoquant son parcours et sa perception de l’accueil, elle a précisé :
Il y avait des gens qui m’ont aidée, mais je ne les ai pas attendus. Il faut faire par vous-même.
Fatima Reda
Celle qui a dix années d’expérience en tant que bénévole estime qu’il est nécessaire de sortir des silos pour plus d’efficacité.
« De toute manière, nous ne pouvons pas aller en compétition. On va se manger, ça va être l’érosion du bloc. Il faut qu’on aille dans la collaboration, même si on n’est pas d’accord et que vous ne m’aimez pas, il faut qu’on travaille ensemble. »
