
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Diagnostic : les voyants sont au rouge
L’AFO a retenu les services de la firme PGF pour l’accompagner dans le processus. Outre différentes consultations, études et assemblées citoyennes, un sondage a été mené avec une vingtaine de questions posées à un peu plus de 2 000 participants partout en province.
Il ressort de cette enquête que la communauté francophone voit sa présence progressivement diminuer. L’immigration bien intégrée constitue une des clefs pour renverser la tendance. L’accueil des nouveaux arrivants remet l’emphase sur la question de l’identité franco-ontarienne et entraîne une demande accrue en services et en infrastructures, déjà sous pression. Des constats discutés lors du congrès 2025 de l’AFO qui s’est tenu à Toronto.
Il s’agit d’intervenir sur quatre axes structurants :
- la réussite de l’immigration et la lutte contre l’assimilation pour relever le défi identitaire ;
- le renforcement de l’accessibilité, la complétude et la navigation des services en français ;
- la consolidation des structures et l’amélioration de la coordination entre les organisations ;
- une gouvernance claire au niveau provincial et régional pour piloter les transformations à venir.
De la réflexion à l’action
L’AFO entend aujourd’hui poursuivre le travail et en appelle à la communauté pour cet exercice mené du « bas vers le haut », comme le souligne Peter Hominuck, le directeur général, pour qui il s’agit de « faire des choix et de renforcer notre capacité à agir. »
En 2026, les États généraux entrent ainsi dans leur deuxième acte, consacré à la co-construction de solutions. Pour ce faire, l’AFO va mettre sur pied des consultations avec des comités sectoriels et des réseaux provinciaux tout au long du mois de mars, principalement en virtuel. Les domaines concernés sont : l’éducation, la santé, l’immigration, le vieillissement et les soins de longue durée, les médias, l’économie et l’employabilité, la jeunesse, les arts, la culture et le patrimoine. Un premier document, le Livre vert, est attendu au printemps 2026 et fera office de synthèse.
L’organisme se rendra ensuite sur le terrain avec une tournée de consultations régionales d’avril à juin, co-organisée avec des acteurs locaux, afin de mobiliser largement les communautés.
Vers des décisions collectives
À l’issue de ces consultations, un Livre blanc sur l’avenir de la francophonie ontarienne sera publié à l’automne 2026. Il formulera des recommandations structurantes et identifiera les leviers d’action collective.
Le processus culminera avec le congrès 2026 et l’élaboration d’un plan stratégique. L’organisme espère le soutien financier de Patrimoine canadien pour la mise en œuvre de ses recommandations. Interrogé en point de presse pour savoir si l’AFO allait adopter un ton plus offensif étant donné le contexte de relative austérité, le président Fabien Hébert a précisé que les enjeux étaient trop grands pour ne pas tout faire afin d’atteindre les objectifs.
