
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Une communication qui se délite avec l’âge
« Nous avons remarqué de plus en plus que quand nos jeunes filles grandissent, c’est un peu plus difficile d’être en contact avec elles et de garder le lien. […] On les sent beaucoup plus isolées. On cherche les moyens pour pouvoir nous aider en tant que maman à accompagner nos jeunes. […]
Nous avons beaucoup de témoignages sur le manque de contrôle, sur le fait que les mamans sont épuisées et qu’elles ne savent pas quoi faire dans certaines situations. », a expliqué la vice-présidente de l’AFIF, Josiane Ngo Maa.
Parmi les cas complexes rapportés au sein des membres de l’association, madame Ngo Maa a évoqué celui d’une adolescente ayant souscrit une assurance sans que sa mère soit au courant.
Elle a repris le contrôle du compte bancaire de sa fille.
Josiane Ngo Maa
Différence culturelle dans l’éducation
« À un certain moment, elles [les adolescentes] ont plus confiance aux personnes externes qu’à leurs propres parents. […] C’est pour ça qu’on a pensé que c’était important de discuter aujourd’hui, surtout avec les femmes immigrantes qui arrivent et qui ne connaissent pas comment ça se passe au Canada. », a précisé Aïcha Kapkop, la présidente de l’organisme.
« C’est un nouveau système. Il faut qu’on se réadapte à comment insérer notre culture dans la culture canadienne pour trouver un juste milieu. » Interrogée sur la différence avec son pays d’origine, le Cameroun, la mère de cinq enfants a poursuivi : « Le parent a toujours un mot à dire, même quand l’enfant devient indépendant. On est plus « maman poule ». Par contre ici, à un certain âge, l’enfant il peut dire : « Non ! Stop ! Je décide par moi-même. » Et c’est ça qu’il faut qu’on apprenne. »
La confiance
Après une activité d’introduction ludique, Clotilde Yepseu, psychothérapeute autorisée (qualifiante), a pris la parole.
Comparant le bris de confiance à un papier froissé, elle a évoqué la nécessité de préserver le caractère privé des confidences que font les jeunes.
Tu te dis, j’ai juste partagé à une autre maman que ça peut peut-être aider, mais non ! […] On oublie qu’on doit demander la permission à nos enfants avant de parler d’une situation qui les concerne. Eux aussi, ils ont une vie privée.
Clotilde Yepseu
Elle a en outre rappelé l’importance d’être pleinement à l’écoute de son enfant pour pouvoir décortiquer efficacement les problématiques qu’elle ou il rapporte à la maison.
Intervention policière
Chloe Eady, agente de police judiciaire au sein de l’unité des agressions sexuelles et des maltraitances infantiles, est également intervenue lors de l’évènement.
« Nous travaillons avec des enfants qui viennent de familles où le lien avec les parents est instable. Leurs besoins émotionnels ne sont pas satisfaits, alors elles et ils cherchent à les combler à l’extérieur. », a-t-elle expliqué, évoquant aussi les rencontres malencontreuses en ligne.
Ces discussions peuvent mener au partage d’images intimes et à de l’exploitation. […] La conversation commence par une connexion dans laquelle le prédateur gagne la confiance d’une jeune vulnérable. […] Nous voyons beaucoup ça dans la communauté et on fournit du soutien pour l’éducation sur les comportements qui ne sont pas sécuritaires. On essaie d’assister avec des ressources pour construire les fondations entre les enfants et les parents.
Chloe Eady
Utilisation des réseaux sociaux et système de valeurs
« Nous voyons beaucoup de jeunes accepter des inconnus sur leur Snapchat. […] Et quand elles ou ils se rendent compte que quelque chose va mal, il faut qu’elles ou ils puissent se sentir suffisamment en sécurité pour le signaler. », a insisté Chloé Eady.
Selon elle, un changement subit dans le comportement de la ou du jeune et une perte d’intérêt pour ce qu’elle ou il aime devrait alerter les parents. Au niveau de la prévention, le service de police préconise ainsi de poser des limites consistantes dans l’éducation, de se montrer ouverts et d’essayer d’avoir un minimum de 10 à 20 minutes d’engagement avec son enfant par jour.
La discussion a ensuite tourné autour de la surveillance de l’utilisation des médias sociaux. « C’est une erreur d’accepter l’ami d’un ami sur Facebook. Cherchez toujours à vérifier l’identité de la personne. », a conseillé Clotilde Yepseu aux jeunes filles présentes.
Une maman participante a mentionné sa difficulté à avoir le contrôle sur les réseaux de son enfant en dehors du foyer.
« Quand on met la base à la maison, nos enfants utilisent les réseaux, mais pas de la même façon que les autres. », a rebondi Clotilde Yepseu, soulignant l’importance de définir et de défendre les valeurs familiales et d’avoir des discussions collectives autour de celles-ci.
