
On a le choix
Delphine Petitjean
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Perception de l’Afrique
Mathieu Chedid, alias -M- est le fils de Louis Chedid, célèbre auteur-compositeur- interprète français. Mathieu marche dans les pas de son père. Il est guitariste. C’est aussi sa grand-mère Andrée, poétesse, qui écrit certaines de ses chansons. Il se lance en 1996. Son frère, sa sœur et sa fille font également de la musique et travaillent avec lui.
Le titre Mama Sam fait référence à sa première petite amie, Dominique. Celle-ci est partie vivre au Kenya. Elle est tombée amoureuse là-bas et a accouché d’un garçon prénommé Sam. Elle est donc devenue la Mama Sam.
Vu qu’elle a donné naissance dans une case sans commodité, Chedid explique qu’en tant que Parisien, ça l’intriguait d’imaginer la scène. C’est comme ça que le texte est venu et qu’il a commencé à s’intéresser à l’Afrique.
Ne pas franchir la ligne
Non, je ne connais pas l’Afrique. Aigrie est ma couleur de peau. La vie est une machine à fric où les affreux n’ont pas d’afro.
La chanson est très belle et le rythme est plaisant. Seul bémol : on a l’impression qu’il y a un brin de clichés. Pourquoi les blancs seraient-ils plus aigris en raison de leur couleur de peau ? Il existe aussi forcément des affreux qui ont des afros parce qu’il y a des gens bien et des crapules sur tous les continents.
La volonté des Occidentaux de mettre sur un piédestal les cultures de ceux qu’ils ont colonisés, comme pour se donner bonne conscience, me semble toujours un peu surfaite.
Mais je pense trop. Cette chanson est surtout le début d’une amitié franco-malienne. C’est ce qui compte puisque -M- ajoute les sonorités africaines à sa musique et il collabore avec différents artistes, comme Amadou et Mariam. Le collectif Lamomali rend un hommage métissé à l’âme du Mali, à sa tradition musicale ancestrale et à son instrument emblématique, la kora.
À la maison
Pour éviter toute appropriation culturelle, j’ai choisi la version de Mama Sam chantée par la famille Chedid.
Mon message sera le suivant : la vraie ouverture, c’est de rencontrer les gens en gardant à l’esprit que nous sommes tous nés quelque part, que nous avons tous un accent, une couleur de peau ni plus fade ni moins respectable que celle de notre voisin. Et ce que je viens d’écrire n’a rien d’un scoop.
Bonne écoute !
