
On a le choix
Delphine Petitjean
IJL - On a le choix
Rédactrice en chef et journaliste
Delphine est diplômée en études de la communication et des médias ainsi qu'en rédaction web et enseignement. Elle a débuté en presse écrite en Belgique, puis s'est dirigée vers le domaine de l'insertion professionnelle et de la formation. Au Canada, elle a été chargée de projet, a eu quelques collaborations en rédaction, avant de se former à la réalisation documentaire et de co-fonder On a le choix Média.
Portrait de l’année écoulée
La campagne de financement débutée le 24 septembre dernier se poursuivra jusqu’au 31 décembre. « Notre soirée de bénéfice est toujours un succès. Les billets ont tous été vendus, c’est une belle occasion de se pencher sur la cause. », explique Sylvie Gravel, gestionnaire des opérations.
Nous sommes un organisme francophone qui offre des services bilingues sur tout le territoire de l’Est ontarien. On est désignés au niveau de la loi sur les services en français et on s’assure que la femme reçoit les services dans la langue de son choix.
Sylvie Gravel
« Dans la dernière année, on a quand même aidé 875 femmes à travers nos services externes. Il y a 59 femmes et 33 enfants qui ont été hébergés et c’est sans compter qu’on a dû en refuser 72 parce qu’on était à pleine capacité. C’est ce chiffre-là qui est important. On sait qu’on est dans une crise du logement et économique aujourd’hui. Ce qui arrive avec ces femmes-là, c’est qu’elles restent dans un foyer violent. »
Si la brutalité peut toucher tous les milieux, la situation précaire des femmes découle aussi de l’iniquité salariale et du manque d’hébergement social. « Avant, une femme pouvait avoir une durée de séjour entre 8 et 12 semaines à la maison d’hébergement d’urgence, mais maintenant, c’est de 6 à 9 mois. »







Comment demander de l’aide ?
Veronik Czyzewski est superviseure des services d’approche pour la portion prise en charge de la Maison Interlude. « Au service d’approche, la femme peut recevoir du counseling, de l’appui dans ses rencontre juridiques. […] On a aussi un programme où la femme peut aller recueillir des articles ménagers, de l’appui pour trouver un nouveau logement et de l’appui pour faire des applications pour n’importe quelle carte ou document dont elle aurait besoin. […] »
Au sein des services d’hébergement d’urgence, un projet spécifique a également vu le jour pour les personnes souffrant de troubles mentaux ou de dépendances.
On a eu une hausse de 19 % dans nos services parce que les femmes ont été plus isolées pendant la Covid, mais aussi maintenant avec la technologie, il y a beaucoup d’autres façons dont les femmes vivent de la violence de nos jours.
Veronik Czyzewski
« On a une ligne 1-800 où elles peuvent téléphoner pour recevoir des services. Pour celles pour qui ça pourrait être dangereux, on a aussi un clavardage sur un site web où elles peuvent cliquer sur un bouton pour quitter rapidement en sécurité. […] Dans les écoles maintenant, les gens sont plus conscients des situations, connaissent les ressources. Donc, la femme se retrouve chez nous sans nécessairement avoir fait le premier pas elle-même. »
Maison de deuxième étape
Après plusieurs demandes de financement refusées, un projet d’hébergement a finalement été accepté pour la construction d’un édifice de 35 logements à Embrun.
« Quand on annonce du financement pour des maisons de transition, des refuges, c’est des enveloppes spéciales de la Société de logement et d’hypothèque du Canada. C’est des enveloppes qui sont restreintes et il y a malheureusement beaucoup de demandes pour ce genre de projets là. », explique Mathieu Mault, partenaire de l’organisme, gestionnaire du projet.
« Ça fait cinq ans qu’on fait du travail dans l’arrière-plan, il y a beaucoup de travail qui se fait auprès des instances. […] C’est un service essentiel auprès de la communauté. Malheureusement, il y a des gens que je connais qui n’ont pas pu bénéficier de ça dans le passé. L’option de logement dans la région est un peu plus limitée pour les femmes qui ont besoin de ce service-là immédiatement. Un loyer à 1500 dollars pour une femme seule, dans cette situation-là, c’est difficile à rencontrer. », explique Marc Lacelle, trésorier du conseil d’administration d’Interlude.
Une campagne et plus encore
Après des allocutions, des témoignages, un repas et un encan silencieux, les organisateurs ont présenté le concept Radical Generosity afin d’inviter une personne ou une association à commanditer le premier studio de la maison de deuxième étape.
La campagne de financement d’Interlude a permis d’amasser un montant de 91 150 $.
Par ailleurs, Les Vigiles ont lieu à Casselman, Rockland et Hawkesbury depuis 2011. « C’est un moment de recueillement pour mobiliser les communautés à passer à l’action. », souligne Sylvie Gravel. Pour les Comtés unis de Prescott Russel, l’initiative s’inscrit aussi dans la campagne 2025 « 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes ».
